jeudi 3 octobre 2013

au fil de l'eau



CIMETIÈRE DES BALEINES
Fin de semaine dernière, dernière grosse tempête de la saison.
Comme d'habitude, la toile destinée à faire de l'ombre sur la terrasse (orientée au nord, donc, en plein cagnard) a été arrachée.
Un peu moins que l'année dernière, puisque je renforce les fixations chaque année, mais pas encore assez visiblement..
Partout dans les caniveaux de Montevideo, des cadavres de parapluies abandonnés, les baleines retournées par le vent.

HIPS !
Lu dans le journal : Uruguay, plus gros consommateur au monde de whisky par habitant de plus de 18 ans (2,4 litres/an).
Suivi de... la France.
Pour une fois, mes deux pays sont sur le podium.
Mais je participe pas... l'avant-dernière fois que j'ai ingurgité de ce breuvage de sauvages, c'était à Artigues, j'avais 16 ans et j'ai vomi. La dernière fois, c'était au pince-fesse du 14 juillet chez l'ambassadeur à Montevideo, j'avais 36 ans et 360 jours et... j'ai vomi.
Sans moi, merci.

CRUEL
Long week-end à Buenos Aires avec Kiran, à faire le porteur de valises. 
La capitale comme disent les Argentins à langue de vipère expatriés en Uruguay.
Juste à quelques kilomètres de l'autre côté de l'estuaire, si proche et tellement loin.
Les plaques de noms de rue sont identiques, les patronymes sont identiques, les taxis sont identiques (sauf qu'à Montevideo, ils ne te volent pas), l'accent est identique, le fernet-con-cola est identique, et pourtant, il y a un monde de différence.
Petits quartiers de maisons bobo avec les rues pavées, boutiques de fringues de créateurs, meubles design, cafés et restau à toutes les esquinas, cuisine savoureuse, absence remarquable et remarquée des chivitos (1) sur les cartes des estaminets (je vais encore m'attirer des regards noirs des copains qui vivent ici,genre "si t'es pas content, personne te retient", sauf que si, je suis content), tarifs défiant toute concurrence grâce à la politique délirante de la présidente Kirchner qui fait que le dollar vaut une fortune au marché noir.
Je sais, j'ai déjà fredonné le couplet Buenos Aires...

GILET JAUNE
Loi récente votée en Uruguay : le port du gilet phosphorescent est obligatoire pour les cycliste et les motards.
Personnellement j'aurais commencé par imposer des phares en état de fonctionnement, mais étant donnés mes états de services récents dans le domaine (2), je la ferme. Et je mets mon gilet.

OUILLE !
Usager à l'insu de mon plein gré du système de santé local suite à mes péripéties bocagiennes du mois d'août (voir note en bas de page n.2), j'ai le regret de vous informer que la pince de Michel n'a pas encore traversé l'Atlantique. Kesako la pinza de Miguel ? Audrey, dis-leur, quoi ! Une bête pince à 5 euros en pharmacie en France, qui permet de retirer sans douleur les agrafes qu'on m'avait plantées dans le crâne à l'issue des acrobaties ci-dessous citées (zozoteurs s'abstenir). Sauf que n'ayant pas traversé l'océan (la pince, moi si), je suis passé par les mains de trois « professionnels » de santé (et deux mécanos) avant de pouvoir me faire retirer ces satanés agrafes sans mettre du sang dans tout le cabinet ni couiner comme un goret au mois de février. 
Conseil aux voyageurs : ayez toujours une pince de Michel sur vous.

JAMAIS CONTENT
Si la France est un pays de flics et qu'à tous les coins de rue y'en a 100, en Uruguay par contre, ils risquent pas d'attraper un rhume en patrouillant dans les rues. 
A tel point qu'on aimerait parfois en voir plus...

HELL'S ANGEL
Révision mensuelle de la moto : vidange, graissage de l'embrayage, tension de la chaîne, changement du filtre à essence, réglage des pipes d'admission (???) et du frein avant: 22 euros. 
J'aime mon mécano !

POESIE
« Non, Johnny, tu n'as pas besoin de courir le monde après ton destin comme un cheval sauvage !» Dirtydancing

KAFKA
(intérieur jour, à l'Abitab, petites boutiques destinées à payer ses factures, toucher divers remboursements d'administrations ou faire des envois d'argent, beaucoup d'Uruguayens ne disposant pas de comptes en banque)
Moi : Bonjour, je viens retirer mon remboursement IRPF.
Lui : Bonjour, passez-moi votre carte d'identité... (il tapote son clavier d'ordinateur)... Ah, il y a un problème, laissez-moi cinq minutes, je dois appeler le central (tic tac tic tac...) Hum désolé, il n'y a pas d'argent pour vous.
Moi : Ben si, je suis allé hier à la DGI, ils m'ont dit que c'était bon à partir d'aujourd'hui.
Lui : Non, il n'y a rien, il faut que vous alliez au BPS.
Moi : Mais ça n'est pas le BPS, c'est la DGI.
Lui : Ecoutez, monsieur, je vous explique, ça n'a rien à voir avec la DGI. C'est le BPS.
Moi : Je ne vous parle pas du BPS, je vous parle de la DGI !
Lui : Monsieur, écoutez-moi, la FONASA, c'est le BPS.
Moi : Mais je ne viens pas pour la FONASA, je viens pour l'IRPF !
Lui : Aaaaahhhh... excusez-moi, à force de faire des remboursements FONASA, j'ai confondu. Allez voir mon collègue.
(dialogue = 20 minutes)


FAUX-AMI
Prends garde, insouciant voyageur hispanophile.
Si au retour d'une visite de bodega (une exploitation vinicole), alléché par une pancarte de 6 mètres sur 3 plantée en rase campagne au bord de l'autoroute indiquant en grandes lettres rouges WHISKERIA, il te prend la fantaisie de poursuivre ton périple au cœur de la fabrication d'alcools et spiritueux locaux pensant visiter une usine de whisky, tu vas au devant au mieux d'une sévère déconvenue au pire d'explications alambiquées (uh uh uh) à devoir fournir à ta petite famille. Car dans ce beau pays d'Uruguay, champion du monde de consommation de whisky (y'en a six qui suivent !), une whiskeria, c'est un bordel.

PHARE DU MONDE LIBRE
Pepe a encore fait parler de lui à l'ONU.
L'intervention en VO ici.

Notes:
(1) pour les gourmets, rappel de la recette du chivito : une couche de pain, un steak, du fromage, du bacon, du jambon, un œuf au plat, une rondelle de tomate, une feuille de laitue, de la mayo, une deuxième couche de pain, le tout accompagné de frites et de bière ou de coca. Les cardiologues ont de beaux jours devant eux...

(2) suite à mes petites cascades nocturnes à motobylette, quand, légèrement imbibé, sans phare, en short et t-shirt au retour de la belote à la fête à Montbrun cet été, j'ai tenté de couper un arbre en deux par le milieu, je suis à la recherche d'un avocat à pas cher pour m'éviter la peine de mort devant le tribunal correctionnel de Toulouse fin février (et encore un gimme five à mes sauveteurs, au passage !)... Je vais finir par regretter d'avoir que des copains artisans !




jeudi 28 mars 2013

à la capitale

un séjour à buenos aires sans se faire voler, on n'a pas vraiment l'impression d'être allé à buenos aires, dit en rigolant (à moitié) alfons, un collègue catalangue de pute.
pourtant, j'ai bien l'impression que nous y étions, ce week-end, hein, kiran ?
même si à l'inverse des deux précédentes fois, on ne s'est (miraculeusement ?) pas fait rouler par un taxi fournisseur de faux billets ni détrousser par des malfaisants au terminal des autocars.
faut dire que chat échaudé patin couffin, et que désormais, on ne prend que le bus - on a même acheté la carte orange locale - et que nous ne quittons plus jamais des yeux nos sacs, ni ne répondons quand un passant nous demande un renseignement.
week-end à buenos aires, donc, encore appelée "la capitale" par certains ironiques installés sur la rive septentrionale du rio de la plata (la nôtre).


jeudi 21 mars 2013

mEchoui 30e


Manifestation-culture-anniversaire,PREV
   30e édition du mEchoui: mouton grillé, soleil généreux et finances à l'équilibre (PAPIER BILAN)
  
   POLIGNY (Hautes-Alpes), 9 juil 2011 (AFP) - Sous un soleil inespéré, le hameau de  Biiiiiippp, sur la commune de Biiiiiiippp, niché dans un écrin de verdure aux confins du Champsaur, a accueilli sans incident notable les célébrations, durant le week-end de la Pentecôte 2011, de la 30e édition du mEchoui.
   Malgré les tentatives des organisateurs de limiter l'afflux de convives, plus de 180 personnes s'étaient acquitté d'un ticket d'entrée de 50 euros, permettant, pour la première fois de l'histoire de cet événement festif, familial et amical, initié par les frère Blache (alias Le Divin Chauve et Le Sorcier de la Tchatche), de ne pas enregistrer de déficit financier.
   "J'ai une mauvaise nouvelle", a toutefois annoncé au micro Le Divin Chauve, casquette Mao sur le crâne et chemise de bûcheron canadien déboutonnée, au cours du dimanche après-midi, à la stupeur de l’assistance. "Sur 8.700 euros de budget, on a 84 centimes de déficit", a-t-il ironisé, s'attirant immédiatement des hourras de la part du Peuple libre de la Nation du mEchoui.
   Accueilli dès le vendredi, le public a dû, à peine arrivé sur le site, passer les fourches caudines de Bad Cop et Good Cop, deux géants d'outre-Rhin et outre-Quievrain, chargés de l'administration au cordeau de l'espace camping, qui n'était pas sans rappeler "le camp romain de Babaorum", a souligné un campeur avec malice.
   Après un samedi dédié à l'échauffement des troupes - massages, jeux de cartes, pétanque, bavardages et descente de magnum de Pastis - le dimanche a été l'occasion pour les convives d'assister à une représentation de la troupe "Les Petits canards", tandis que rôtissaient dans le jardin quatre moutons.
   Ayant migré sur la place de Biiiiiiipp, où les attendait une kermesse villageoise, les participants ont également eu une pensée particulière pour Lisette Blache, récemment décédée, qui mettait depuis trois décennies sa maison de famille à disposition des ripailleurs.
   Au titre des accidents, il n'est à déplorer que la claquage dont a été victime Yves, suite à départ foudroyant lors de la première (et unique) manche des épreuves de course de garçons de café.
   "C'est l'autre qui m'a poussé", a-t-il expliqué aux journalistes à l'issue de l'épreuve, désignant le Divin Chauve, dont l'entraînement marathonien a semble-t-il porté ses fruits, puisqu'il a terminé bon premier de sa manche (selon des observateurs avertis, il n'est toutefois pas exclu que les autres participants aient volontairement trainé la patte, dans la crainte de n'être pas invités lors de la 31e édition du mEchoui).
   En fin de journée, gavée de pizzas cuites dans le four à pain du village, l'assistance a dépensé ses calories sur les rythmes des Massilia Sound System, montés de la cité phocéenne pour un concert privé, malgré les réticences du premier magistrat de la commune ("Mon père est un con", aurait déclaré selon des témoins son fils, passablement ivre).
   Le concert achevé, la foule a regagné son jardin sous les lampions pour un souper et prolonger les festivités au son des platines de Thierry, fidèle au poste, même s'il n'arbore plus la tignasse et les moustaches de ses 20 ans.
   Au petit matin, les derniers danseurs n'étaient pas ceux affichant le moins d'années au compteur. Tous se sont quittés à l'issue du week-end promettant de faire honneur à la 31e édition. Et aux suivantes.
   hdz/


   
   

jeudi 14 mars 2013

canaille médiatique impérialiste

"Chavez vive, la lucha sigue !"
Ouais ben en attendant, j'espère qu'il va pas y avoir de coupure de courant à Caracas ces prochains jours, sinon, ça va sentir le bolivarien pas frais, hein, à l'Académie militaire...
Tout juste de retour d'un nouvel aller-retour d'une semaine au Venezuela, pour participer à la couverture de la mort de Chavez.
Bien crevant, de jouer au journaliste tout terrain, mais édifiant.
Mes convictions bolivariennes (du moins à la sauce rouge "Comandante") avaient déjà été sérieusement entamées lors de ma première visite, pour la présidentielle en octobre, c'est peu de dire que cette fois-ci, j'ai reçu le coup de grâce.
Ils ont carrément réussi à me donner envie de voter Copé en 2017.
Ou à allumer un cierge pour que Sarko revienne.
Enfin, un politique sérieux, quoi.

(la suite en cliquant)

vendredi 12 octobre 2012

corazon de mi patria

première visite au venezuela, et première vraie grosse mission pour l'afp.
mes chefs avaient la trouille et ne voulaient pas m'y envoyer (trop bleusaille).
heureusement, mes petits copains francophones de la région se sont ligués pour refuser d'y aller, du coup, l'afp a dû se contenter de moi.

une semaine sur place, pour l'élection présidentielle du 7 octobre.
j'ai tellement écrit dans mes papiers précédents que chavez allait gagner mais moins largement que d'habitude que si le zozo met 20 points dans la vue à l'aut' zig ou qu'au contraire, le candidat de "la bourgeoisie apatride" remporte la mise, je passe pour un con.
quel que soit le résultat, ça aura été l'occasion d'un premier contact avec ce drôle de pays, tellement cité et si mal connu (ps: ultima noticia - il a gagné avec 55% des voix et une participation de plus de 80%).

quelques impressions:

mercredi 10 octobre 2012

Ouh ! Ah ! Chavez no se va ! (3)

Venezuela-élections-présidentielle,PREV
   Les Vénézuéliens dès l'aube devant les bureaux de vote pour décider de l'avenir du pays (REPORTAGE)
   Par Hugo DI ZAZZO
   =(PHOTO+VIDEO)=
  
   CARACAS, 7 oct 2012 (AFP) - Habitués à voter tôt, des milliers de Caraqueños, les habitants de Caracas, ont formé dès l'aube dimanche de longues files d'attente devant les bureaux de vote de la capitale du Venezuela pour une élection présidentielle où se joue l'avenir du président Hugo Chavez.
   Devant le collège où le président doit venir voter, au pied de barres HLM surplombées par des bidonvilles dans le quartier populaire de 23 de Enero, des centaines de personnes patientent en rang sur un parking, sous très haute surveillance militaire.


Ouh ! Ah ! Chavez no se va ! (2)

Venezuela-élections-présidentielle,PREV
   Hugo Chavez, une rock star en campagne (REPORTAGE)
   Par Hugo DI ZAZZO
   =(PHOTO+VIDEO)=
  
   CARACAS, 4 oct 2012 (AFP) - Dégoulinant de pluie, Hugo Chavez, à la façon d'une rock star, esquisse quelques pas de danse, chante, lance des baisers à la foule et mime un air de guitare, provoquant l'hystérie de centaines de milliers de partisans rassemblés jeudi pour son dernier meeting de campagne, à Caracas.
   A trois jour du scrutin présidentiel de dimanche, le président sortant, opéré deux fois depuis mi-2011 pour un cancer, a voulu clore en grandes pompes une campagne marquée sa relative discrétion, en raison notamment de ses ennuis de santé.
   Ni la chaleur de la matinée, ni le déluge qui s'est abattu sur la ville en début d'après-midi ne sont venus à bout de la patience de sympathisants dont certains se sont levés au milieu de la nuit pour rallier Caracas en autocar depuis des Etats voisins.


Ouh ! Ah ! Chavez no se va ! (1)

Venezuela-élections-présidentielles-social-logement,PREV
   Au Venezuela, on peut acheter sur les "marchés socialistes" sans être chaviste (REPORTAGE)
   Par Hugo DI ZAZZO
   =(PHOTO)=
  
   CARACAS, 2 oct 2012 (AFP) - Au "marché socialiste" de Proceres, dans l'ouest de Caracas, on peut acquérir des écrans plats, des réfrigérateurs, des cahiers d'écolier ou des fraises à la moitié des prix pratiqués dans les commerces "capitalistes", sans pour autant se prétendre chaviste.
   Mardi après-midi, soleil de plomb. Sous des parapluies ou des chapeaux en papier, plusieurs centaines de personnes font patiemment la queue, à l'entrée d'une gigantesque esplanade bétonnée cernée d'une luxuriante végétation, théâtre habituel de défilés militaires, où se déroule le marché.


vendredi 7 septembre 2012

EXCLUSIF AFP

Uruguay-politique-drogue-société-président,PREV
José Mujica: "Je ne suis pas un président pauvre, j'ai besoin de peu" (ENTRETIEN)
   Par Hugo DI ZAZZO
   =(PHOTO+VIDEO)=
  
   MONTEVIDEO, 8 sept 2012 (AFP) - "Je ne suis pas un président pauvre, j'ai besoin de peu", explique à l'AFP l'iconoclaste président uruguayen José Mujica, qui reverse presque 90% de son salaire de 9.300 euros à une organisation d'aide au logement et critique la "société de consommation" ainsi que son "hypocrisie" sur la toxicomanie ou l'avortement.
   "Je vis dans l'austérité, la renonciation. J'ai besoin de peu pour vivre. Je suis arrivé à cette conclusion parce que j'ai été prisonnier durant 14 ans, dont 10 où si la nuit, on me donnait un matelas, j'étais content", raconte cet ancien guérillero tupamaro, emprisonné sous la dictature (1973-1985).


vendredi 20 juillet 2012

la politique à la pépé

pépé mujica, c'est le président du coin. celui avec la moustache sur la photo de l'article. un ancien guérillero, intellectuel, qui a passé 14 ans en prison sous la dictature, élu en 2010.
pour les indécrottables de la langue d'oïl, ce que narre en gros le papier, c'est qu'un jour du joli mois de mai, pépé décide de faire l'emplette d'une lunette pour ses ouatères. mais comme vous, et moi, quand il a besoin d'une lunette pour ses ouatères, ben il descend lui même à la quincaillerie du coin, dans sa coccinelle pourrie (une fois, la légende raconte qu'il est tombé en rade dans un station service et qu'il a fini le trajet en stop) et fait ses courses, sans cravate ni garde du corps, en survêt et espadrilles. puis dans la boutique, il est reconnu par des mecs d'un club de foot, qui lui demandent de venir encourager leurs copains, qui s'entraînent dans le gymnase d'à côté.
et que croyez-vous que fît pépé ?
ben il y fut.
après avoir laissé sa lunette de chiotte dans sa vw.
sacré pépé.

vendredi 13 juillet 2012

saute dans ton slip

un jeudi de juin, ça chie au paraguay.
fernando lugo, un ancien évêque tendance théorie de la libération, premier président de gauche du pays et père d'une ribambelle d'enfants naturels (ils forment une équipe de foot, quasiment !), est menacé de destitution expresse par le parlement, tenu par l'opposition de droite.
à 18h00, on me dit: "tu sautes dans un avion demain matin avec trois autres hispano pour asuncion pour couvrir la session du congrès demain".
première mission à l'étranger.
enfin, à part quand je suis allé dans le lot-et-garonne, une fois.
chouette.
et coup de bol, sans être un pays frontalier, c'est une des rares capitales qu'on puisse rallier par un vol direct depuis montevideo.
coup de bol aussi, j'ai une liasse de dollars en liquide dans la poche, parce que l'afp, c'est une petite boite qui débute et envoyer des gens en mission du jour au lendemain, ils ont pas l'habitude, alors il y avait pas de liquide au bureau pour qu'on n'arrive pas les poches vides sur place.


mardi 3 juillet 2012

vu par...

by JOJO:

Trois semaines en Amérique du Sud c'est nettement insuffisant vu l'étendue du continent mais à la fois assez pour se faire une bonne idée de l'Uruguay.
Montevideo ville tristounette, pas trépidante pour deux sous, beaucoup de maisons coloniales en ruine et c'est bien dommage!! Impressionnante "rambla" le long des km de plage, un peu bruyante avec les voitures qui pofitent également du paysage.
La zen attitude de ses habitants est surprenante, pas d'affolement dans les churrascarias à l'heure du coup de feu où la viande grillée est excellente et les portions énormes. Contraste saisissant dans le petit resto tenu par un français qui s'agitte frénétiquement devant ses fourneaux et propose des plats super beaux et bons!


jeudi 31 mai 2012

ci-gît jacques médecin

un samedi matin.
enfin, midi, vu la soirée précédente (depuis mes 20 ans, je ne suis jamais aussi souvent couché au petit matin que depuis mon arrivée à montevideo - mais avec leur manie de commencer les soirées à minuit, aussi ?!!)
en route pour punta del este, LA cité balnéaire de la côte atlantique latino-américaine, où viennent dépenser des montagnes de dollars riches argentins et brésiliens (on se demande bien pourquoi vu que c'est plus joli et moins cher chez eux, mais bon).
ze place to be, donc.
virée prévue avec carlos, collègue andalou-francophone-cinéaste-over-stressé-jeune-papa-et-jeune-conducteur.
il a loué une caisse à savon coréenne pour faire le trajet.
pourquoi on n'y est pas allé en bus ?
"y'aimé bienne condouiré les boiturés et yé doi m'entrainer".
tou m'étonné !
j'ai pas desserré les fesses pendant trois heures !!?
et dire qu'il a eu l'honnêteté de prendre des heures de cours (30, quand même !) avant de passer son permis, au lieu de l'acheter, comme tout le monde.
à mon avis, le moniteur d'auto-école devait pas l'avoir passé non plus, son permis...
bref.


mercredi 25 avril 2012

un bel échantillon de champions

ce bureau m'inquiète.
hier, 12 télés allumées sur 200 m2 pour regarder barça/chelsea (un histoire de coupe d'europe de football).
quasiment pas une dépêche validée en 90 min.
le barça perd, deuil national à l'afp montevideo.
aujourd'hui, deuxième demi-finale, real madrid/bayern de muchen.
plus une dépêche validée pendant 130 minutes (prolongations + tirs au but).
et surtout, allégresse générale quand le real se fait éliminer.
moralité: on évite de faire des blagues sur le barça au travail si on veut pas rentrer chez soi en slip...
j'avoue que ce sont là des considérations qui m'avaient jusqu'à présent échappées et surtout, qui ne figuraient pas dans mon contrat !
je demande une prime de risque pour le cas où un mauvais jeu de mot ou une accusation de dopage m'échapperait...

lundi 12 mars 2012

tongs neuves

cinq ans après, retour au pays.
bon, ok c'est prétentieux, je n'ai jamais été qu'un touriste, là-bas.
mais c'est quand même un peu l'impression que j'ai eu en atterrissant à rio, il y a 15 jours, à la veille du carnaval.
arrivé à minuit, le souffle coupé par la moiteur ambiante, incapable de prononcer le moindre mot en portos (cinq jours plus tard, à mon retour en uruguay, ce sera l'inverse avec l'espagnol), je trouve un taxi.
enfin, une fusée-taxi.
parce que déjà en temps normal, ils ne sont pas particulièrement lents, mais au milieu de la nuit, seuls sur les boulevards surélevées au dessus de la ville, le bonhomme, en surpoids notoire et vautré dans son siège, n'est pas passé sous les 100 km/h avant d'arriver devant la porte de l'immeuble.
trace de gomme, ça vous fera 70 reais, merci.
assis à l'arrière, quand je ne fixais pas d'un oeil inquiet les compteurs (kilométrique et taximétrique), je regardais défiler la ville, tentaculaire, nauséabonde (si, si, rio, ça pue, au-delà de la zona sul - celle des cartes postales mais qui ne représente qu'une infime partie de l'agglomération carioca).
l'aéroport international est situé sur une île dans une infâme lagune, la bahia de guanabara, dont l'entrée sur l'océan est somptueuse mais le fond un vaste cloaque pestilentiel.
le bassin d'arcachon, à côté, c'est une piscine pour bébés-nageurs.
ça pue, mais c'est beau, rio.
même la partie moche, elle est belle.
en tout cas, impressionnante.
en même temps, je suis tellement frustré d'une vraie grande ville, depuis que je vis ici, que tout ensemble urbain comprenant un boulevard périphérique, trois immeubles de plus de 20 étages et plus de 2 millions d'habitants me paraît impressionnant.
ooohh la... tout doux les ariégeois.
je ne dis pas que je préfère la ville à la campagne.
je dis que tant qu'à être en ville, autant que ça soit une vraie ville.
pas albi en plus grand et en moins beau.


mardi 24 janvier 2012

4e étape

bien étrange pays, décidément.
tout le monde se claque la bise (une seule), les costards-cravate comme les copines.
on trouve dans les magasins assez peu de variétés de produits (bon, c'est pas la roumanie en 1987 non plus), souvent d'une seule marque (un mur de tubes de dentifrice colgate ou un rayon inondé de produits laitiers conaprole - et pas un seul yahourt nature sans sucre).
fruits et légumes généralement importés et aussi chers et dégueu qu'à carrefour (pas encore trouvé d'amap ! ouarf)
les ingrédients exotiques, on oublie (curry, saté...), les fromages au lait cru, on oublie (mais comme partout), les charcuteries, on oublie (c'est la médecine du travail qui est contente), les sacs à glaçons on oublie (pénible pour faire les daïquiris), le sirop de sucre de canne, on oublie (pénible pour faire les ti-punch).
en revanche, la bière est vendue en bouteille de verre de 1 litre consignée.
il y a du gin beefeater et bombay saphire en grande surface (les gin tonic dosés spécial rugbyman hémisphère sud sont à 4 euros au bar) et ils font du vin pas dégueulasse (cépage tannat, comme dans le madiran).
les citrons sont verts (pratique pour les caïpirinhas).
et la viande rouge coûte que dalle (mais ils ne connaissent pas la côte de boeuf et comme toutes les découpes sont différentes de par chez nous, je nage encore un peu dans l'offre pléthorique).


lundi 2 janvier 2012

macché priorité à droite ?

bon, c'est bien joli, les voyages, les motos, tout ça.
mais j'ai aussi une vie, bordel !
aujourd'hui, donc, montevideo, ma vie, mon oeuvre, mon cul (1).

résumé des épisodes précédents:
après un an au bureau de l'afp à lyon (et après de nombreuses candidatures infructueuses au bureau régional de montevideo - capitale méconnue d'un pays méconnu, coincé entre l'argentine, le brésil et l'océan atlantique, l'uruguay, qui a eu l'heure des gros titres de la presse français il y a une quinzaine d'années lorsque vint s'y planquer l'ancien maire de corrompu de nice jacques médecin), je suis finalement parvenu à me faire nommer sur l'un des deux derniers postes de journalistes francophones que cette grande et glorieuse agence de presse internationale maintient en amérique latine (le second poste étant situé à ma droite, à environ 1m20).

à la maison:
fin septembre, me voilà donc installé dans un trois-pièces de 60/70 de m2 plus terrasse, orienté nord (soleil, donc), au 10e et dernier étage (on appelle ça un "pentrouse", ici (avé l'accent)) d'un immeuble des années 70 du quartier de pocitos (aisé sans etre chic), à trois quadras de la rambla, avec vue dégagée sur la ville et la mer (à droite).
j'arrive en début de printemps, mais il fait un temps dégueulasse.
vent (polaire, le vent, et plus tu es haut et près de la mer, plus il te dégage les écoutilles), pluie, grisaille (j'apprendrai au fil des semaines que la météo ici est souvent exécrable).
la météo est pourrie mais les appart sont conçus comme si on était à rio: pas isolés, simple vitrage sur châssis alu branlants (je me demandais pourquoi il y avait des bouts de cartons pliés dans toutes les fenêtres. j'ai compris: c'est pour les empêcher de faire du raffut quand souffle le vent de la pampa antarctique), rarement du chauffage ou alors électrique (et le kWh est deux fois plus cher qu'en france - je me prends à regretter le nucléaire).
en cherchant bien, je suis toutefois parvenu à trouver un logement équipé d'un chauffage central au gaz (reste à savoir si la chaudière ne va pas me péter à la gueule aux premiers frimas) mais l'eau chaude reste électrique (petit ballon de 30 litres, on apprend la sobriété).
quelques petits soucis avec la proprio (sale race, les proprios, sous toutes les latitudes - excepté quelques rares honnêtes gens - si vous voyez ce que je veux dire...), mais les choses se sont mises en place et me voici donc à peu près installé, avec exactement les mêmes meubles et la même déco qu'en france: rigolo.
au quotidien, une fois que tu es habitué à l'absence de va-et-vient, à l'impossibilté de trouver des ampoules à baïonnette, aux ascenseurs pour résidents et aux ascenseurs de service ainsi qu'à l'odeur de gaz dans l'air (ça fuit de partout), tout roule.

au travail:
fini les joies des horaires décalés, pour la première fois depuis le début de ma vie professionnelle, j'ai (généralement) des horaires de bureau, type 10h00/18h00.
deux francophones immergés dans une rédaction d'hispano (beaucoup d'espagnols, qui parlent bien mieux le français que nous l'espingouin), dont la tache principale est de traduire en français ce qui est susceptible d'intéresser les clients francophones de l'afp.
en clair: huit heures par jour le cul sur une chaise derrière mon écran.
mais au moins, fini les joggueuses-dépecées-dans-les-
sous-bois qui font peur à la france, les petites phrases de politiques en campagne, les synthèses-bouchons-sur-l'autoroute-du-soleil, les alertes-météo-sur-12-départements-du-sud-ouest et les copier-coller de communiqués de la préfecture ou du parquet.
ça fait des vacances et ne viens plus au travail à reculons.
d'autant que les chefs ici étant hispano et les chefs de chefs à paris se tamponnant généreusement le coquillard de ce qui se passe dans la région, on nous fout une paix royale et on traite ce qu'on veut.
un peu comme si j'étais payé pour lire wikipédia toute la journée.
y'a plus dégueu.

l'équipe en général comprend une cinquantaine de personnes, tous hispano sauf 7 français (cinq chefs et nous) et supervise la production du mexique à la terre de feu.
une certaine solidarité lie assez rapidement les exilés de toute sorte (expatriés, locaux, régionaux, cdd, cdi...) et tout se passe dans une franche camaraderie (sur le plan humain. sur le plan professionnel, j'ai envie de les étrangler trois fois par jour tellement ils sont pas rigoureux).
buveurs avides de maté (la rédaction, comme les rues, les bus, les supermachés...) est envahie de thermos et de petites tasses (mate) remplies d'herbe (yerba) desquelles émerge une paille métallique (bombilla), il leur manque toutefois la tradition de l'apéro-boulot du vendredi soir.
mais je me sens une âme de missionnaire...

dans la vie:
vie sociale forcément limitée (si j'avais peu d'amis à lyon, je n'en ai carrément pas ici), mais comme on est nombreux dans le même cas, on se serre les coudes et on sort pas mal entre collègues du vieux continent.
l'inconvénient, c'est qu'ils parlent tous bien français.
rencontrer des locaux, c'est pas évident.
d'abord parce que travaillant dans un bureau et ne jouant pas au foot, j'ai peu l'occasion d'en croiser, ensuite parce qu'ils ne sont pas d'une expansivité (?) délirante, les indigènes...
courtois mais pas saute-au-paf.
et comme moi non plus...

dans la ville:
la ville de montevideo se caractérise par une architecture assez dégueu - efficace, disons, et quasiment aucun vestiges coloniaux - et un centre-ville assez peu fréquenté le soir, hormis quelques bars et boites.
les lieux de sorties sont très dispersés, ce qui contraint à prendre des taxis ou rouler bourré à moto, et de ce fait quasiment impossibles à découvrir si on n'est pas guidé.
pour nous autres européens, ça manque clairement d'un quartier genre "ici on boit, on mange, on danse".
autre spécialité locale: les bars se remplissent à partir de 02h00 du matin.
avant, la ville est déserte.
c'est pas non plus que ça grouille après, ne nous affolons pas...
parce que oui, même si c'est une capitale de 1,5 millions d'habitants, on se demande souvent où ils sont.
c'est calme.
c'est très calme.
mais c'est aussi une ville où je n'ai pas vu une seule grosse bagnole genre porsche cayenne, où les riches ne sont pas (tous) barricadés derrière des murs hérissés de barbelés électrifiés et où on peut se balader la nuit sans crainte.
pas non plus de rue dédiée aux boutiques de luxe (juste quelques échoppes dans les shopping - centres commerciaux dont ils raffolent, imités des modèles américains) - pour ça, il faut aller à punta del este, et des supermachés très mal achalandés.
consommateurs compulsifs, z'êtes gourrés de trottoir !
pourtant, c'est relativement riche, en tout cas cher (et là, pas relativement).
la preuve qu'ils sont riches ?
ils ont des chiens.
des tas de chiens !
et les gars qui font les poubelles ont des carrioles tirées par des chevaux (au brésil, ils les tiraient à la main).
bourgeois !
c'est enfin une ville du bout du monde, qui ne figure sur aucune carte aérienne ou presque, et de laquelle il est très difficile - et très cher - de sortir une fois que vous êtes tombés dedans.
en gros, c'est une ville dont on adore se plaindre, mais qui a un charme certain quand les beaux jours arrivent (enfin).
si seulement ils pouvaient avoir l'idée d'ouvrir des bars sur la plage !

voilà.
plus de détails dans une prochaine livraison, mais ça fera pour un premier aperçu, nan ?
allez, meilleurs voeux et bises à tous !
hugo

ps: semblerait que certains serveurs me virent direct en spam (yahoo notamment, mais pas que: si vous avez un utilisateur de ces adresses sous la main, dites z'y donc !)

(1) ma vie, mon oeuvre, mon cul, siné, aux éditions casterman

vendredi 16 décembre 2011

c'est le pérou

le pérou. lima.
bordel, c’est grand, c’te ville !
et y’a tout plein de gens avec des tronches, des vraies tronches.
des Indiens (à poncho, pas à plumes), des métis, des Blancs, des marrons plus ou moins cuivrés, des grands, des petits, des filles sexy ou pas et des gars laqués.
une mégaville.
qui trépigne, qui klaxonne, qui stridule (uniquement chez les riches, chez les pauvres, les criquets, ils les bouffent), qui enfle (9 millions d’habitants, un tiers de la population quasiment), qui grouille parfois (les trottoirs envahis de vendeurs ambulants de bonbons, piles, plumeaux, journaux, empanadas, de passants, de cambistes en gilets bleus, de serveurs en livrée coiffés comme evo morales qui guettent le client).
du monde, de la couleur, de la misère (bien faite), du luxe, de la diversité, des fils électriques qui pendent partout, des minibus ravagés et bondés , des surfeurs, de la grosse bagnole et du rickshaw, de la gastronomie, de l’architecture coloniale et des immeubles de verre face à l’océan.
étouffant et libérateur à la fois. C’est parfois le calme, le silence et l’homogénéité, qui angoissent (si vous voyez ce que je veux dire… ah non, nous ne voyez pas, je n’ai pas encore envoyé de message sur montevideo ! ok, c’est le prochain, avec l’argentine).
pour situer le bazar, Lima est perchée sur une falaise (un peu friable, j’ai trouvé) au-dessus du pacifique (frais à cause du courant de humboldt mais aussi très poissonneux, au cause du même), cernée de montagnes arides, marron, poussiéreuses, sergio-leonesques, sur les flancs desquelles s’étendent à peu les bidon-villes (ciudad joven), parfois peints de couleurs très flashy (ça fait de très belles photos pour le touriste muni d’un bon zoom : on va quand même pas aller sur place !)
la ville où il ne pleut jamais, dit-on (mais où l’hiver, tu as les pieds sur le trottoir et la tête dans les nuages pendant 5 mois).

après deux jours chez le copain de l’afp qui m’hébergeait à Lima, départ pour cuzco, le dimanche, cité impériale inca et départ de la ligne de chemin de fer qui mène au machu picchu.
survol des andes enneigées, arrivée à l'aérogare de brive un soir de novembre (mais en plus froid, on est à 3.300 m).
incroyable qu'un endroit qui accueille autant de touristes soit encore aussi artisanal. mais tant mieux.
à peine descendu d'avion, la retape commence (et ça ne s'arrêtera pas jusqu'au retour): taxi ? hôtel ? guide ? circuit touristique ? artisanat ? massages (visiblement, c'est aussi une des spécialités locales)...?
un peu oppressant et plus on se rapproche du machu, plus on est sollicité.
coincée dans une vallée, tout en longueur.
la ville historique est en haut (je suis nul en points cardinaux). de l'église catholique en veux-tu en voilà, posée sur les fondations de constructions incas (très sympa, aussi, l'histoire de la colonisation espagnole du pérou... je ne sais pas si y'en a beaucoup qui ont atteint le degré de saloperie des espagnols au XVIe siècle), qui se remplissent toutes à 19h00 (les vêpres ? je suis nul en messes), mais qui se remplissent d'indiens (oui, il en reste un bon peu, genre 40% de la population du pays, les espagnols n'ont pas réussi à tous les faire crever aux mines ou de la variole). et des indiens, des vrais, comme à la télé: les jupes, les chapeaux, les ponchos multicolores...
dès qu'on sort un peu des quelques rues hyper touristiques, on est chez eux. partout des femmes (et des enfants, superbes, avec les gestes sûrs de qui travaille depuis longtemps déjà) qui vendent à même le sol des herbes bizarres, des mousses, des piments (aji ou rocoto), des oignons, des tomates, des patates (un pays qui a inventé la patate et en cultive encore des centaines de variétés ne peut-être que cher à mon cœur).
dans une ruelle, un marché. de chaque côté, des échoppes. une odeur insoutenable (conjuguée aux vertiges dus à l'altitude): la viande posée sur des étals en plein air. noire, la viande. entrs les pavés, des filets de sang. ça vous soigne du steak tartare pour un moment. en plus, ils ont même pas de câpres.
mangé un bout dans une gargote infâme. je suis sûr qu'ils m'ont servi le poulet violacé qui prenait l'air ventre ouvert dans la ruelle d'à côté. en plus, le gosse commence par me servir un bol de bouillon (caldo) qui doit mijoter depuis l'ère précolombienne. je vais me retrouver avec une griffe de poule entre les chicots et la turista en prime.
mais même pas mort.
le lendemain, balade en ville, balade sur les hauteurs (on bout de dix pas, essoufflé - les marlboro doivent pas aider à combattre le soroche (le mal des montagnes)). arrivé au sommet d'une montagne qui domine la ville, au pied d'une sorte de christ façon rio (taille réduite), atahualpa yupanqui (les anciens élèves de mme boix se reconnaitront) me chope pour me chanter la sérénade avec sa petite guitare à 18 cordes (bandera ?). il a eu la bonté de m'épargner el condor pasa. il a gagné ses cinq soles (la monnaie locale).
le lendemain, réveil à 6h00 pour aller prendre le train pour machu picchu. sauf que le train, il part de poroy, pas de cuzco. et il arrive à aguas calientes, pas au machu. moralité, taxi et re-taxi. mais taxi en zone touristique, pas taxi au centre de lima (tiens, ils ont pas de compteurs à lima, le prix de la course se négocie avant de monter). les salopiots savent rentabiliser la manne étrangère...
trois heures de train brinquebelant au fond d'un canyon, sommets magnifiques, traversée de petits villages perdus tout en adobe (non, pas photoshop, les briques en terre crue et paille), coupés du monde. Ou plutôt, un monde à part. c’est quoi, l’avenir (et même le présent), quand on a 20 ans, dans ces coins ?
et arrivée à aguas calientes.
aguas calientes ? une sorte de station de ski des alpes, ou lourdes, matinée de montmarte et de quartier latin: l'enfer touristique. dernière étape avant le graal. pas un pas de porte qui ne soit un commerce. je les soupçonne même de vendre des ponchos péruviens made in china... mais étape obligée si on ne veut pas monter au machu picchu avec la horde descendue du train. avant de me réveiller à 4H30 du matin pour commencer l'ascension à pied à 5H00 et être sur zone à l'ouverture, j'ai mis à profit mon après-midi pour aller arpenter la compagne environnante.
2.000 m (au fond de la vallée), les montagnes couvertes de forêt tropicale. marché deux-trois heures le long d'un torrent monstrueux et d'une voie de chemin de fer.
personne. et de loin en loin, un indien ou trois, en train de porter des sacs de sable. perdus dans la jungle.  ils ont paumé un pari ? des intellos maoïstes en cours de reconversion ? que nenni: ils extraient le sable du lit du torrent et le ramène vers la gare. pourquoi il n'y a pas de wagons pour leur éviter de marcher une heure avec 40 kilos sur le dos (puisqu'il y a des rails) ? on ne saura pas. en tout cas, entre ça et le travail infantile, ils ont beau afficher 7% de croissance, ils ont pas le cul sorti des ronces, quand même (ce qui ne les empêchent pas d'avoir des boutiques de portables à tous les coins de rue et le wifi dans tous les hôtels).
bon, c'est pas le tout, mais demain, y'a carte postale.
(ah, au fait, une précision: on nous fait des tartines avec les incas, mais d'abord, c'est pas si vieux que ça (genre 1200/1500 après Jean-Claude) et nous, à leur âge, on avait la roue, le fer, l’écriture et la clé de voûte depuis belle lurette. alors camembert, les z'incas).
mercredi 21.
réveil aux z’horreurs.
petit déj à 5H00, départ pour el machu picchu à 05h15.
une demi-heure de marche puis une heure d’escaliers, tout droit, 400 m de dénivelé. Deux flacons de ventoline plus tard, me voilà l’entrée. J’entre. Je marche les yeux au sol, envie de voir, mais en même temps, envie d’attendre d’être vraiment dans le bordel pour en prendre plein la vue du premier coup.
ça le fait presque : on arrive par la partie haute du site, mais pas exactement complètement au-dessus. Pour ça, il faut marcher encore. Je marche. Jusqu’à la porte du soleil (une heure au-dessus du machu, petites ruines, normalement, si tu te places là, non, ouais, voilà, et que tu regardes par là, voilà, ben tu vois le soleil se lever dans l’axe de mes genoux. Nan ? ah. Bon, en fait, le soleil est levé depuis longtemps et en plus il y a des nuages. Mais quand ils se lèvent à leur tour, wouah !!! Là, oui. Une vue générale sur les ruines, mais surtout, sur les sommets autour. Parce que le plus impressionnant, c’est la localisation de la cité : plantée sur un piton rocheux, cernée de terrasses, piton lui-même entouré de sommets impressionnants. 3.000 m et plus, couverts de végétation tropicale.
c’est bon, j’ai ma carte postale.
pique-nique, un p’tit coup de fil à qui il faut (oui, les incas, réputés pour leurs infrastructures, avaient installé un relais téléphone – il ne leur manquait plus que l’électricité…) et redescente dans la cité proprement dite. Touristique, of course, mais à la rigueur, c’est presque joli, tous ces ponchos en plastique multicolores (il pleut, il pleut plus, il pleut…) qui déambulent sur les terrasses grises.
chacun peut s’émerveiller de ce qu’il veut (l’aspect mystique, géographique, religieux, architectural, urbanistique…), pour ma part, c’est la précision de l’agencement des pierres grandes pour certaines comme un homme et qui s’emboitent parfaitement (et sans mortier, juju, sans mortier !) alors qu’ils n’avaient aucun outil pour les tailler et les déplacer. Mais ils avaient des exonérations de charges sociales sur la main d’œuvre...
rentré à montevideo le 24 dans la nuit. personne dans l'avion. j'ai eu deux deux plateaux repas. joyeux noel !
hasta pronto !

Photos Pérou 





mercredi 2 novembre 2011

le pays où les mc Do sont encore en rouge



LIBERATION 25/10/2011
L'enquête sur le décès en juillet de la chanteuse britannique Amy Winehouse a conclu mercredi à une «mort accidentelle», confirmant l'hypothèse d'un «stop and go», une absorption massive d'alcool après une période d'abstinence.


comme quoi, c'est dangereux d'arrêter...

                                                              +++

un vendredi matin.
temps ensoleillé, vent modéré de force 2 à 3 mollissant force 1.
ni une ni deux, j'enfourche mon cheval de fer pour effectuer mon premier trajet sérieux en bécane: casa/trabajo.
je descends donc au garage, grimpe sur la bête - rutilante -, mets le contact, le starter, relève la béquille latérale (très piégeux, la béquille latérale quand t'y connais peau de balle en deux-roues motorisés. surtout dans les virages à gauche) et lance le bourrin.
au kick, parce que je me sentais en forme.
puis demi-tour et direction la sortie du garage.
je cale.
je redémarre.
je monte la rampe, me retrouve sur le trottoir.
le vendeur m'avait prévenu: elle est capricieuse quand elle est froide.
effectivement: je recale.
le portero (concierge), hugo lui aussi, nettoie le pas de porte devant notre immeuble.
il me salue, moi pareil et je relance le monstre.
enfin, j'essaie.
parce que j'ai beau titiller le starter et balancer des grands coups de démarreur (électrique, marre du kick), bernique, peau de zob, veut rien savoir.
comme un con, je suis, et je vois qu'il se fout de ma gueule, l'autre zaouve, avec son balai brosse.
je commence à m'agacer, vais être en retard au taf, je fais quoi, je la pousse dans le garage et toute honte bue, cours attraper un bus ?
merde.
j'ai ma fierté quand même.
ça m'enquiquine de renoncer devant l'autre zig.
alors je retente ma chance.
et paf, breuh, bling, touf touf !!!
ok, c'est lancé.
je lâche plus l'accélérateur, monte à 17.000 tours (et demi), enclenche la première, fais un bras d'honneur au portero (mental, le bras d'honneur, d'abord parce qu'il est bien sympathique, quand même, et qu'il a peut-être des amis plus baraqués que lui, ensuite parce que si je lâche l'accélérateur, je cale) et démarre sur la roue arrière, laissant une longue trace de gomme chinoise (ça fond vite) dans mon sillage (si, si, vous verrez quand vous viendrez).
puis disparais comme une flèche au coin de ma rue.
mais les flèches, ça finit par retomber.
et je cale.
comme ça, pour rien, lancé à fond de 3e, à 40 à l'heure, au milieu d'une ligne droite.
je me gare le long du trottoir, derrière un bac à ordures.
honteux.
j'envisage d'y balancer cette merde de putain de moto chinoise de mes deux.
me penche quand même sur le starter pour tenter de redémarrer.
que faire d'autre ?
et oh, miracle, de quoi m'apercevoisé-je ?
que j'avais pas ouvert l'essence.
forcément, ça marche moins bien.
donc, à l'attention des riders en herbe:
1/ la béquille latérale.
2/ l'essence.

ensuite, le trajet n'est que douceur et félicité, les alizés me fouettant le visage sur le front de mer, un vrai délice.
enfin, une fois que je l'ai rejoint, le front de mer.
parce que je me suis paumé, avant.
mais peut-on appeler ça se paumer ?
non.
j'ai flâné et pris mes marques dans ce quartier inconnu.
important de sortir des quatres rues autour de chez soi.

bon, le front de mort, donc.
5e, 80 km/h, soleil, tout va bien.
puis un ralentissement.
et des gars en uniforme au bord de la rambla.
et un des gars en uniforme au bord de la rambla me pointe du doigt quand je passe à sa portée et me fait signe de m'aligner le long du trottoir (encore ?).
ah, la police de la route porte donc des uniformes comme ça.
ok, c'est bon à savoir.
j'hésite une seconde à faire l'imébcile, et continuer ma route genre "je suis français je ne parle pas votre langue, j'ai pas compris ce que vous attendiez de moi", mais bon, le geste du bras et de l'index étaient assez explicites, même pour quelqu'un qui parle pas la langue.
- "bonjour, papiers d'identité, permis de conduire et carte grise".
- "mais oui, bonjour, bonjour, quel plaisir de faire enfin connaissance avec vos services, j'étais impatient, si, si. alors, justement, c'est marrant que vous abordiez le sujet, parce que je ne suis pas uruguayen, je n'ai pas de carte de résidence, j'ai toujours mon permis français, je n'ai pas de permis moto, la carte gise est au nom de l'ancien propriétaire et ça tombe bien que vous ne me demandiez pas l'assurance, parce que je n'en ai pas encore".
- "ah oui, il faut que vous alliez à l'intendencia pour faire les démarches admnistratives, bonne journée, au revoir".
vraouuuuuum !!!!!

à bientôt !
hugo.