enfin, midi, vu la soirée précédente (depuis mes 20 ans, je ne suis jamais aussi souvent couché au petit matin que depuis mon arrivée à montevideo - mais avec leur manie de commencer les soirées à minuit, aussi ?!!)
en route pour punta del este, LA cité balnéaire de la côte atlantique latino-américaine, où viennent dépenser des montagnes de dollars riches argentins et brésiliens (on se demande bien pourquoi vu que c'est plus joli et moins cher chez eux, mais bon).
ze place to be, donc.
virée prévue avec carlos, collègue andalou-francophone-cinéaste-
il a loué une caisse à savon coréenne pour faire le trajet.
pourquoi on n'y est pas allé en bus ?
"y'aimé bienne condouiré les boiturés et yé doi m'entrainer".
tou m'étonné !
j'ai pas desserré les fesses pendant trois heures !!?
et dire qu'il a eu l'honnêteté de prendre des heures de cours (30, quand même !) avant de passer son permis, au lieu de l'acheter, comme tout le monde.
à mon avis, le moniteur d'auto-école devait pas l'avoir passé non plus, son permis...
bref.
sur le trajet, petites haltes:
déjeuner à punta colorada, dans un restaurant pas bon mais idéalement situé sur un bord de mer tout de roches rouges.
un peu plus loin, par la route de la côte, magnifique plage et belles baraques d'architecte face à la mer (il n'y a ni permis de construire ni règles d'urbanisme: tu achètes un terrain, tu mets ce que tu veux dessus).
pause photo à punta ballena.
une pointe rocheuse battue par les vents, quelques vendeurs de souvenirs hideux genre cendriers en coquillages peints sur le parking, vue splendide sur la côte, les immeubles au loin de punta del este.
la petite route d'accès à la pointe est bordée de panneaux publicitaires pour des projets immobiliers.
dans les panneaux, des ouvertures symbolisent les baies vitrées des futurs appartements, pour te faire une idée de la vue.
visiblement, ils attendent encore plus de riches argentins et brésiliens (faudrait voir à commencer à faire gaffe, quand même, parce qu'avec la folle qu'ils ont au pouvoir en argentine, leurs dollars, ils vont bientôt plus pouvoir les dépenser à l'étranger...)
puis, punta del este.
la côte bordée de bonnes grosses baraques avec des gazons qui ressemblent à des green de golf, d'immenses immeubles ensuite.
pour rire, j'irai jeter un oeil aux annonces d'une agence immobilière: ça monte au million de dollar, l'appart.
en uruguay.
quand même.
et à ce prix, y'a même pas de cocotier sur les plages.
on rêve.
punta del este, c'est donc une forêt d'immeubles en bord de mer, des maisons dans les terres, des casinos, des hôtels, des bars, des boîtes, des boutiques de marques, enfin, tout ce qu'il fait pour dépenser son fric et choyer son mélanome.
mais ça ne tourne que huit semaines par an: janvier/février.
à la mi-mars, alors qu'il fait un temps splendide, rien, personne.
limite sinistre, de nuit, ces milliers d'appartements plongés dans le noir.
et puis nous, on s'en fout, on est venu faire de la Kultur: c'est le dernier jour d'un festival de ciné et carlos connaît du monde et veut voir des films.
on en a vus.
deux.
j'ai rien compris.
aux deux.
et lui, pas beaucoup plus.
j'ai même pas réussi à dormir: les sièges étaient super pas confortables.
merci carlos.
au fait, je te dois combien, pour les tickets ?
ensuite, ce chien d'andalou nous dégotte des invit' pour la soirée de clôture du festival.
ah.
cannes, venise, tapis rouge, pépettes en robes lamées, petits four, strass, stars et paillettes.
chouette.
que nenni mon ami.
t'es en uruguay.
n'oublie jamais ça.
jamais.
donc, après avoir longé des immeubles vides sur des kilomètres, traversé les rues désertes de barra (le bled de la périphérie où sont les bars à la mode, en enfilade le long de la rue principale, façon grand' rue de western), roulé des heures dans le noir avec fernando alonso au volant ("y'aimé pas conduiré la noui" oui, ben reste calme, regarde devant toi et passe la troisième, ça va aller) dans une forêt d'eucalyptus (pléonasme: toutes les forêts sont d'eucalyptus ici), nous y voilà: une espèce de musée d'art contemporain, paumé dans la pampa.
grosse structure en verre et béton, plantée dans un grand parc où trône des sculptures 'achement contemporaines, éclairées la nuit et tout.
très chic.
pour entrer, tu passes entre deux violonistes.
à vue de nez, c'est le concerto pour deux violons en ré mineur de bach.
mais je peux me tromper.
en tout cas, très chic.
puis une demoiselle en noir et blanc t'attend avec un plateau de boissons: ballon de rouge, ballon de blanc ou coca light.
déjà, beaucoup moins chic.
tu descends dans la salle des fêtes, et buffet.
bon, je suis journaliste, donc, se planter au buffet et enfourner, je sais faire.
je fais.
un peu caoutchouteux, un peu froid, mais offert de bon coeur.
et j'ai la dalle en pente.
hop.
puis tu sors sur la terrasse.
un dj, un bar, des planchas à gaz.
la musique ?
lambada, macarena, et cetera.
l'assistance ?
quelques acteurs et actrices du continent, des officiels locaux, des pique-assiette (nous).
dress code ?
comme à la maison: short, tong, t-shirt, jean.
des robes de soirée ? des smokings ? oh, man, t'es uruguay !
juste une jeune blonde qui a visiblement dégotté une promo sur le botox: deux injections pour le prix d'une parce qu'elle a une vraie bouche de canard.
mais dirigeons-nous vers le bar.
ah !
rouge, blanc ou whisky.
bon.
rouge.
sans déconner, je me moque, mais j'adore.
c'est tellement pas prétentieux, pédant, frimeur.
personne te juge, personne te mate.
tout le contraire de chez nous où même le 14 juillet dans une sous-préfecture du puy-de-dôme donne lieu à des ballets de séduction autour des huiles locales et des séances de cirage-de-pompes affolantes (je le sais, j'y étais !)
ici, le président, il a une moustache.
déjà, faut le faire.
et il porte que des pulls camionneur.
et il a fait 14 ans de prison sous la dictature.
mais ça n'a rien à voir.
ce que je veux dire, c'est que c'est un pays où les gens sont normaux, tellement petit que tout le monde se connaît, que c'est pas la peine d'essayer d'en mettre plein les yeux, on est entre nous.
dans le quartier le plus riche de montevideo, devant les maisons, on voit des peugeot, des renault, pas de hummer ou des 4x4 5 litres.
c'est modeste.
c'est agaçant parfois, rafraichissant souvent.
mais revenons à notre soirée paillettes.
au bout d'un moment, ça commence à s'activer devant les planchas.
et je vous le donne émile, c'est quoi, le vrai manger chaud qu'ils ont concocté...?
des chivitos !!
mini, jolis, mais chivitos quand même.
et un succès, mes aïeux !
et que ça se pâme "ça, ce sont les vrais chivitos !", assure une convive, et que ça se bouscule pour un redemander.
à croire que c'est la première fois qu'ils en mangent...
hein ?
c'est quoi les chivitos ?
rrrrhhhooo... mais faut suivre, un peu !
le chivitos, c'est l'emblème de la gastronomie locale.
une bombe à cholestérol.
un hamburger, mais en pire.
pain, viande hachée, oignons, poivrons, pickles, pancetta, oeuf, fromage, mayonnaise... pain
accompagné de préférence de frites et de coca ou de bière.
à quatre heures du matin, le ventre bien plein, pas trop ivre des fois qu'alonso ait une faiblesse passagère et qu'il faille le remplacer au volant de la monoplace, on se fait mettre dehors.
tous.
ça ferme, je veux dire.
retour sans encombres.
mais 04h00, en uruguay, c'est la fin de l'apéro.
alors on se gare en ville et on cherche un bar.
dans la plus célèbre station balnéaire du continent, ça devrait pas être difficile.
ben tiens.
espère.
au final UN bar ouvert, à proximité de la marina.
tout ce qui ne dort pas en ville s'y trouve.
un whisky pour lui, un fernet pour moi.
hein ?
c'est quoi le fernet ?
rrrrhhhhooo... mais faut suivre, un peu !!!
le fernet, c'est du fernet branca (oui, oui, la gnôle de carmen cru, qu'a toujours oublié ses sous).
coupée avec du coca, c'est la boisson de la jeunesse argentine, adoptée par la jeunesse locale.
un alcool à 40° qui soigne.
une merveille.
mais à punta, ce qui te coûte 4 euros à montevideo (ou 1 euro dans les terres), t'est facturé 8.
c'est trop.
on en boit qu'un.
et on se tire au lit.
le lendemain, un petit tour de la pointe de punta.
sans déconner, que ceux qui y vivent y restent, déjà... mais alors que les autres y viennent...
https://picasaweb.google.com/hugo.dizazzo/PuntaDelEste?authkey=Gv1sRgCNH_vZf-44iK8QE
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