mardi 3 juillet 2012

vu par...

by JOJO:

Trois semaines en Amérique du Sud c'est nettement insuffisant vu l'étendue du continent mais à la fois assez pour se faire une bonne idée de l'Uruguay.
Montevideo ville tristounette, pas trépidante pour deux sous, beaucoup de maisons coloniales en ruine et c'est bien dommage!! Impressionnante "rambla" le long des km de plage, un peu bruyante avec les voitures qui pofitent également du paysage.
La zen attitude de ses habitants est surprenante, pas d'affolement dans les churrascarias à l'heure du coup de feu où la viande grillée est excellente et les portions énormes. Contraste saisissant dans le petit resto tenu par un français qui s'agitte frénétiquement devant ses fourneaux et propose des plats super beaux et bons!




La balade à travers le pays dans une petite voiture très inconfortable sur les pistes a été intéressante. La carte routière signalait les points d'intérêt, dans un paysage monotone, peuplé majoritairement de vaches. Une palmeraie ( sur la carte) nous attirait , pour nous changer des bouquets d'eucalyptus qui parsèment la pampa: après quelques dizaines de km de cahots, grosse déception point de palmeraie. les gauchos ne sont pas aussi sexy que je m'imaginais le gros bérêt (basque?) est beaucoup moins seyant que le stetson des cow-boys.

Buenos Aires
Nous voila dans la ville du tango et ce n'est pas peu de le dire! Tango par ci, tango par là partout partout.
On a joué les touristes que nous sommes : nous nous sommes payé le bus à 2 étages découvert qui nous a trimbalées dans toute la ville que si on avait du le faire à pied , il nous aurait fallu des semaines et on aurait raté l'avion. On se caillait un peu c'est quand même presque l'hiver, mais on a tenu le choc ( on a toutes les deux gagné un bon rhume)
La ville est immense avec plein de beaux bâtiments et même la plus large avenue du monde oui, oui, oui. On a visité le jardin botanique avec ses immenses ombus ( arbres impressionnants). Ce soir on va voir et écouter du "vrai" tango, pas celui pour touristes, dans une salle de bal de quartier.
C'est l'heure d'aller au bal ,  nous n'avons aucune chance de nous faire inviter, nous n'avons pas mis nos talons aiguille comme la plupart des dames présentes. Une série de trois tangos, la piste est pleine de danseurs évoluant concentrés, puis une courte pause avec un morceau de de rock , personne ne danse c'est un moment de récupération avant d'attaquer une nouvelle série de tangos en changeant ou non de partenaire.

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by MARIE-NO:

Montevideo mai 2012
Après 13 heures d’avion (que c’est long !) on arrive un peu cabossées. Heureusement, contrairement aux prévisions, il fait beau et doux. Hugo n’est pas là, mais le portier nous attend avec les clés. C’est bien, les portiers : chaque fois qu’on arrive, il se précipite pour nous ouvrir, alors qu’on a les clés dans la main. On entre dans l’appart inondé de soleil, avec une terrasse aussi grande que l’appart lui-même, au 10e étage, plus personne au-dessus, vue sur la mer (marron, la mer, mais la mer quand même (ou presque). Le temps de mettre le camembert et le reblochon au frigo (si, si, contre toute attente, ils ont passé tous les contrôles, mais les soupçons quant à la mauvaise hygiène corporelle des Français ont été confirmés), et on ressort en quête d’un bon repas. Mais si on trouve des vétérinaires en veux-tu en voilà, en revanche pas de bistrots, ni de restos. Bref, on finit par atterrir dans un shopping (centre commercial), la honte, mais quand on a faim... En repartant, on jette un oeil par-ci par-là, histoire de repérer les spécialités locales (et on en repère pas vraiment). Évidemment, on se fait alpaguer, moi, je suis tranquille, je ne comprends l’étranger que lorsqu’il est parlé par des Français (ou à la rigueur des Arabes), donc je fais comme si de rien n’était. Mais Jojo ? Hispanophone confirmée ? Quand une vendeuse lui dit "Se puede achudar ?", voilà qu’elle plisse les yeux, tend les oreilles, fronce les sourcils, fait répéter (déjà, au moment de commander la bouffe ça avait été laborieux) une fois, deux fois, trois fois... Jusqu’à ce que son visage s’éclaire : "Ah ! ayudar !". C’était la leçon n°1, mais il a fallu nous la répéter souvent. Et ça nous a valu quelques fous rires, parfois embarrassants. Et quand, vers la fin du séjour, toutes fières de notre savoir récent, on répond à une dame qui nous demandait le nom de la rue dans laquelle on était : "Echaouri" (pour Ellaurì), pas de bol, elle ne pratiquait visiblement pas le rioplatense (sabir des habitants du Rio de la Plata) et elle n’a rien compris. Parce que, d’après Hugo, ce ne sont que les Urugayens et les Porteños (habitants de Buenos Aires) qui parlent ainsi. En gros, ils parlent un espagnol mâtiné de portugais (mais avec l’accent italien, paraît-il). Le coup de grâce, c’était en repartant, à la douane. Une fliquette s’adresse à moi sur le ton aimable qui sied à la profession : "vhauygafgrufhwxchja sucha la maleta ?". Je pense aux suchis, je me dis qu’ils ont décidément un drôle d’accent, et que non, je n’ai pas de suchis dans ma valise et je la regarde avec des grands yeux de merlan frit en me demandant où elle a bien pu me glisser un ch, ce qui éclairerait peut-être mon esprit embrumé. Et ce n’est qu’après que la valise a été ouverte, fouillée et refermée que j’ai trouvé : "suya" ! Putain, la salope, et moi qui croyais qu’on ne me la ferait plus ! Après coup, c’est sûr, on se dit que c’est évident, mais en live, c’est comme au jeu des 1.000 francs, c’est plus long à venir !
Ce détail mis à part, on avait plus l’impression de se trouver dans l’Espagne des années 70 qu’en Amérique latine. Le pays est très très européen, avec quelques vestiges des dictatures, aussi bien architecturaux que sociaux. Sans être un pays pauvre, il n’étale pas sa richesse non plus. Les trottoirs, dont l’entretien incombe aux propriétaires des maisons qui les bordent, sont défoncés ; les bus ressemblent aux bus scolaires de mon adolescence (qui n’étaient déjà pas un modèle de modernité), fumée grasse y compris. Et, grosse déception, je n’ai quasiment pas vu de jardins, l’ornement, c’est pas leur truc, ni dans les rues, ni chez les particuliers. Bon, ce n’était pas la bonne saison, non plus. De toute façon, c’était pour voir Hugo que j’étais partie, et je n’ai pas été déçue, c’est toujours lui. Peut-être un peu forci...

Bon, on en a quand même profité pour voir du pays, tant qu’à y être! On a vu des prairies à perte de vue, toutes clôturées (au moins 5 fils si j’ai bonne mémoire, mais peut-être 7, incroyable !), avec un peu de vaches dedans, mais pas trop non plus (j’ai appris depuis, ô déception, qu’il existe aussi des fermes d’engraissement où on entasse les bêtes pour qu’elles profitent mieux des saloperies qu’on leur donne), pas trop de maisons, de l’eau, de l’eau et encore de l’eau (faut dire qu’on s’était dirigés vers un fleuve qui traverse le pays d’est en ouest, avec au milieu quelque chose qui ressemble aux Grands Lacs). Et encore, il paraît qu’on était en période sécheresse. J’en connais par chez nous qui aimeraient voir des sécheresses comme ça : le moindre trou dans un pré était rempli d’eau ! Au bout de 3 jours de ce spectacle (et des pistes caillouteuses), on commençait tout juste à se lasser un peu (hein, Hugo ?) quand on est arrivés dans la région montagneuse de l’Uruguay. Sans déc, même si le sommet est à 512 m, après ce qu’on venait de voir, c’était la haute montagne ! Et c’était beau ! Puis un tout petit tour par la côte mondialement connue, des pointes de rochers escarpés noirs, rouges ou autres entrecoupées par des plages de sable blanc. Et retour à la maison... sous la pluie. Nous, on s’en foutait, on partait le lendemain à Iguaçu. Mais ça, c’est une autre histoire.

by MARIE-NO.

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