by JOJO:
Trois semaines en Amérique du Sud c'est nettement insuffisant vu
l'étendue du continent mais à la fois assez pour se faire une bonne idée
de l'Uruguay.
Montevideo ville tristounette, pas trépidante pour deux sous,
beaucoup de maisons coloniales en ruine et c'est bien dommage!!
Impressionnante "rambla" le long des km de plage, un peu bruyante avec
les voitures qui pofitent également du paysage.
La zen attitude de ses habitants est surprenante, pas d'affolement
dans les churrascarias à l'heure du coup de feu où la viande grillée est
excellente et les portions énormes. Contraste saisissant dans le petit
resto tenu par un français qui s'agitte frénétiquement devant ses
fourneaux et propose des plats super beaux et bons!
La balade à travers le pays dans une petite voiture très
inconfortable sur les pistes a été intéressante. La carte routière
signalait les points d'intérêt, dans un paysage monotone, peuplé
majoritairement de vaches. Une palmeraie ( sur la carte) nous attirait ,
pour nous changer des bouquets d'eucalyptus qui parsèment la pampa:
après quelques dizaines de km de cahots, grosse déception point de
palmeraie. les gauchos ne sont pas aussi sexy que je m'imaginais le gros
bérêt (basque?) est beaucoup moins seyant que le stetson des cow-boys.
Buenos Aires
Nous voila dans la ville du tango et ce n'est pas peu de le dire! Tango par ci, tango par là partout partout.
On a joué les touristes que nous sommes : nous nous sommes payé le
bus à 2 étages découvert qui nous a trimbalées dans toute la ville que
si on avait du le faire à pied , il nous aurait fallu des semaines et on
aurait raté l'avion. On se caillait un peu c'est quand même presque
l'hiver, mais on a tenu le choc ( on a toutes les deux gagné un bon
rhume)
La ville est immense avec plein de beaux bâtiments et même la plus
large avenue du monde oui, oui, oui. On a visité le jardin botanique
avec ses immenses ombus ( arbres impressionnants). Ce soir on va voir et
écouter du "vrai" tango, pas celui pour touristes, dans une salle de
bal de quartier.
C'est l'heure d'aller au bal , nous n'avons aucune chance de nous
faire inviter, nous n'avons pas mis nos talons aiguille comme la plupart
des dames présentes. Une série de trois tangos, la piste est pleine de
danseurs évoluant concentrés, puis une courte pause avec un morceau de
de rock , personne ne danse c'est un moment de récupération avant
d'attaquer une nouvelle série de tangos en changeant ou non de
partenaire.
+++
by MARIE-NO:
Montevideo mai 2012
Après 13 heures d’avion (que c’est long !) on
arrive un peu cabossées. Heureusement, contrairement aux prévisions, il
fait beau et doux. Hugo n’est pas là, mais le portier nous attend avec
les clés. C’est bien, les portiers : chaque fois qu’on arrive, il se
précipite pour nous ouvrir, alors qu’on a les clés dans la main. On
entre dans l’appart inondé de soleil, avec une terrasse aussi grande que
l’appart lui-même, au 10e étage, plus personne au-dessus, vue sur la
mer (marron, la mer, mais la mer quand même (ou presque). Le temps de
mettre le camembert et le reblochon au frigo (si, si, contre toute
attente, ils ont passé tous les contrôles, mais les soupçons quant à la
mauvaise hygiène corporelle des Français ont été confirmés), et on
ressort en quête d’un bon repas. Mais si on trouve des vétérinaires en
veux-tu en voilà, en revanche pas de bistrots, ni de restos. Bref, on
finit par atterrir dans un shopping (centre commercial), la honte, mais
quand on a faim... En repartant, on jette un oeil par-ci par-là,
histoire de repérer les spécialités locales (et on en repère pas
vraiment). Évidemment, on se fait alpaguer, moi, je suis tranquille, je
ne comprends l’étranger que lorsqu’il est parlé par des Français (ou à
la rigueur des Arabes), donc je fais comme si de rien n’était. Mais Jojo
? Hispanophone confirmée ? Quand une vendeuse lui dit "Se puede achudar
?", voilà qu’elle plisse les yeux, tend les oreilles, fronce les
sourcils, fait répéter (déjà, au moment de commander la bouffe ça avait
été laborieux) une fois, deux fois, trois fois... Jusqu’à ce que son
visage s’éclaire : "Ah ! ayudar !". C’était la leçon n°1, mais il a
fallu nous la répéter souvent. Et ça nous a valu quelques fous rires,
parfois embarrassants. Et quand, vers la fin du séjour, toutes fières de
notre savoir récent, on répond à une dame qui nous demandait le nom de
la rue dans laquelle on était : "Echaouri" (pour Ellaurì), pas de bol,
elle ne pratiquait visiblement pas le rioplatense (sabir des habitants
du Rio de la Plata) et elle n’a rien compris. Parce que, d’après Hugo,
ce ne sont que les Urugayens et les Porteños (habitants de Buenos Aires)
qui parlent ainsi. En gros, ils parlent un espagnol mâtiné de portugais
(mais avec l’accent italien, paraît-il). Le coup de grâce, c’était en
repartant, à la douane. Une fliquette s’adresse à moi sur le ton aimable
qui sied à la profession : "vhauygafgrufhwxchja sucha la maleta ?". Je
pense aux suchis, je me dis qu’ils ont décidément un drôle d’accent, et
que non, je n’ai pas de suchis dans ma valise et je la regarde avec des
grands yeux de merlan frit en me demandant où elle a bien pu me glisser
un ch, ce qui éclairerait peut-être mon esprit embrumé. Et ce n’est
qu’après que la valise a été ouverte, fouillée et refermée que j’ai
trouvé : "suya" ! Putain, la salope, et moi qui croyais qu’on ne me la
ferait plus ! Après coup, c’est sûr, on se dit que c’est évident, mais
en live, c’est comme au jeu des 1.000 francs, c’est plus long à venir !
Ce détail mis à part, on avait plus l’impression de se trouver dans
l’Espagne des années 70 qu’en Amérique latine. Le pays est très très
européen, avec quelques vestiges des dictatures, aussi bien
architecturaux que sociaux. Sans être un pays pauvre, il n’étale pas sa
richesse non plus. Les trottoirs, dont l’entretien incombe aux
propriétaires des maisons qui les bordent, sont défoncés ; les bus
ressemblent aux bus scolaires de mon adolescence (qui n’étaient déjà pas
un modèle de modernité), fumée grasse y compris. Et, grosse déception,
je n’ai quasiment pas vu de jardins, l’ornement, c’est pas leur truc, ni
dans les rues, ni chez les particuliers. Bon, ce n’était pas la bonne
saison, non plus. De toute façon, c’était pour voir Hugo que j’étais
partie, et je n’ai pas été déçue, c’est toujours lui. Peut-être un peu
forci...
Bon, on en a quand même profité pour voir du pays, tant qu’à y être!
On a vu des prairies à perte de vue, toutes clôturées (au moins 5 fils
si j’ai bonne mémoire, mais peut-être 7, incroyable !), avec un peu de
vaches dedans, mais pas trop non plus (j’ai appris depuis, ô déception,
qu’il existe aussi des fermes d’engraissement où on entasse les bêtes
pour qu’elles profitent mieux des saloperies qu’on leur donne), pas trop
de maisons, de l’eau, de l’eau et encore de l’eau (faut dire qu’on
s’était dirigés vers un fleuve qui traverse le pays d’est en ouest, avec
au milieu quelque chose qui ressemble aux Grands Lacs). Et encore, il
paraît qu’on était en période sécheresse. J’en connais par chez nous qui
aimeraient voir des sécheresses comme ça : le moindre trou dans un pré
était rempli d’eau ! Au bout de 3 jours de ce spectacle (et des pistes
caillouteuses), on commençait tout juste à se lasser un peu (hein, Hugo
?) quand on est arrivés dans la région montagneuse de l’Uruguay. Sans
déc, même si le sommet est à 512 m, après ce qu’on venait de voir,
c’était la haute montagne ! Et c’était beau ! Puis un tout petit tour
par la côte mondialement connue, des pointes de rochers escarpés noirs,
rouges ou autres entrecoupées par des plages de sable blanc. Et retour à
la maison... sous la pluie. Nous, on s’en foutait, on partait le
lendemain à Iguaçu. Mais ça, c’est une autre histoire.
by MARIE-NO.
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