bien étrange pays, décidément.
tout le monde se claque la bise (une seule), les costards-cravate comme les copines.
on
trouve dans les magasins assez peu de variétés de produits (bon, c'est
pas la roumanie en 1987 non plus), souvent d'une seule marque (un mur de
tubes de dentifrice colgate ou un rayon inondé de produits laitiers
conaprole - et pas un seul yahourt nature sans sucre).
fruits et légumes généralement importés et aussi chers et dégueu qu'à carrefour (pas encore trouvé d'amap ! ouarf)
les ingrédients exotiques, on oublie (curry, saté...), les fromages au
lait cru, on oublie (mais comme partout), les charcuteries, on oublie
(c'est la médecine du travail qui est contente), les sacs à glaçons on
oublie (pénible pour faire les daïquiris), le sirop de sucre de canne,
on oublie (pénible pour faire les ti-punch).
en revanche, la bière est vendue en bouteille de verre de 1 litre consignée.
il
y a du gin beefeater et bombay saphire en grande surface (les gin tonic
dosés spécial rugbyman hémisphère sud sont à 4 euros au bar) et ils
font du vin pas dégueulasse (cépage tannat, comme dans le madiran).
les citrons sont verts (pratique pour les caïpirinhas).
et la viande rouge coûte que dalle (mais ils ne connaissent pas la côte
de boeuf et comme toutes les découpes sont différentes de par chez nous,
je nage encore un peu dans l'offre pléthorique).
au volant, ce sont des fous.
des fous lents, mais des fous.
heureusement, il y a peu de voitures
(quand ils attendent trois minutes à un carrefour, ils s'excusent auprès
de leur passager étranger pour les embouteillages), mais le peu qu'il y
a se comportent tellement mal qu'il vaudrait peut-être mieux qu'il y en
ait plus, ça leur apprendrait à rester sur leur voie au lieu de
toujours circuler à cheval sur les lignes.
c'est déjà flippant en voiture, mais à moto, c'est carrément mortel (au sens propre).
la fonction créant l'organe, on apprend à avoir des yeux derrière la tête.
dans le désordre et pour cinq pesos:
. ils démarrent au feu encore rouge quand ils voient que c'est orange
chez l'adversaire (on voit la couleur de l'adversaire parce que les feux
sont postés après les carrefours).
. ils doublent par la droite en mordant sur la bande réservée au
stationnement en te frôlant à 10 centimètres (à moto, t'as intérêt à
occuper le plus d'espace possible et à circuler au milieu de ta voie les
coudes et les jambes écartés si tu veux te faire respecter).
. la priorité à droite n'existe pas, l'usage des clignotant est extrêmement facultatif.
. la conduite se fait régulièrement avec le téléphone dans une main, le
maté dans l'autre, le thermos sous le bras (dans le bus, il y a parfois
des autocollants indiquant qu'il est interdit de boire du maté, parce
qu'en cas de freinage brusque, on peut se planter la paille métallique
(bombilla) dans le palais).
. la queue de poisson est leur plat favori, mais pas vindicative pour un
sou, la queue de poisson, juste si j'ai envie de me rabattre ou de
déboîter, vale, je le fais, aux autres de faire gaffe.
en revanche, contrairement à lima, je suis à peu près le seul de la
ville à faire usage de mon klaxon (sale français ronchon, peut-être mais
français ronchon à moto vivant !)
comme déjà dit, il y a peu de monde dans les rues hors du centre
(surtout à la mauvaise saison, où l'anorak et les gants sont de rigueur,
et à la belle saison, comme en ce moment, où tout le monde est parti à
la plage), mais au moindre rayon de soleil, on sort les pliants, les
parasols et le thermos de maté pour s'installer sur la rambla ou les
plages du centre-ville.
la baignade est réservée aux plus téméraires: l'eau est marron (c'est un estuaire) et fraîche (sauf pas en ce moment).
la
ville est organisée en quartiers au carré (rues parallèles et à sens
unique (flechadas)), mais ils ne sont pas au carré entre eux.
assez compliqué de se repérer (sans compter que les plaques avec les
noms de rue sont visiblement rationnés) mais j'ai toujours un plan dans
le top case.
outre le vent et les dangers de la circulation, les
déplacements à vélo sont limités par la présence de côtes assez
redoutables quand on doit pédaler au cul d'un bus qui crache deux tonnes
de particules fines à chaque changement de rapport.
la ville se mérite, donc (même si en été, elle s'offre un peu plus).
c'est pas rio ou bahia ou prague ou paris (quoi, je frime ?), qui vous pètent à la gueule.
mais
il y la plage, les palmiers (et les platanes), d'adorables places
arborées dans le centre et l'énorme avenue 18 de julio, la principale
artère commerçante de la ville, que j'adore remonter à moto, quand il
n'y a pas de circulation...
quant à la campagne, que l'on dit très belle, je n'ai pas encore
vraiment eu l'occasion de la voir, à part un week-end de camping sur le
terrain d'une copine du boulot au pied du sommet du pays (500 m) et
quelques dizaines de km de dunes vers le nord.
pour se faire une idée, ça ressemble beaucoup aux landes.
ça donne envie de partir une semaine avec un hamac et quelques bouquins louer une cabaña sur la playa...
bon, déjà, je vous entends: "rrrrhhhooo la la, toujours le même, quel râleur, ils nous emmerde avec ses fromages qui puent".
certes.
mais aussi, c'est une chose de partir trois mois en voyage et
de s'émerveiller de tout, c'en est une autre de vivre à l'étranger et
de se rendre compte à quel point on est conditionné par des habitudes
alimentaires, de comportement, de consommation, habitudes dont il est
difficile de se déprendre et dont on ne veut pas forcément se déprendre
non plus, parce que c'est une façon de n'être pas totalement largué.
et je vous dis ça depuis un pays très européanisé.
aux confins du botswana, je n'ose même pas imaginer...
je mesure mieux également à quel point tout nous est servi sur un plateau, dans nos contrées (bon, en grèce, je ne sais pas).
nous avons tout à portée de main (la culture, la gastronomie, les
infrastructures, les services, la diversité...) et je pense que
j'apprécierai mieux à mon retour le prix du livre unique (des poches à 8
euros, c'est une aubaine !) et les troquets de quartier (tu parles
charles, j'ai pas attendu d'en être privé pour les apprécier, ceux-là).
ce qui est déstabilisant ici, c'est que c'est presque comme à la maison, mais en fait, non.
si c'était totalement exotique, au moins, on saurait sur quel pied danser.
enfin,
au bout de quatre mois, le beau temps et mon niveau d'espagnol en
constante amélioration aidant, je commence à apprendre quelques pas.
et j'y prends goût.
en bonus, quelques liens (des photos, de la rigoulade, de la retape - que vous pouvez faire tourner à vos proches)
hasta la victoria, siempre !
hugo
ps: quelqu'un pourrait m'expliquer pourquoi mon deux-roues à moteur démarre mieux à froid qu'à chaud (en été) ?
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