jeudi 31 mai 2012

ci-gît jacques médecin

un samedi matin.
enfin, midi, vu la soirée précédente (depuis mes 20 ans, je ne suis jamais aussi souvent couché au petit matin que depuis mon arrivée à montevideo - mais avec leur manie de commencer les soirées à minuit, aussi ?!!)
en route pour punta del este, LA cité balnéaire de la côte atlantique latino-américaine, où viennent dépenser des montagnes de dollars riches argentins et brésiliens (on se demande bien pourquoi vu que c'est plus joli et moins cher chez eux, mais bon).
ze place to be, donc.
virée prévue avec carlos, collègue andalou-francophone-cinéaste-over-stressé-jeune-papa-et-jeune-conducteur.
il a loué une caisse à savon coréenne pour faire le trajet.
pourquoi on n'y est pas allé en bus ?
"y'aimé bienne condouiré les boiturés et yé doi m'entrainer".
tou m'étonné !
j'ai pas desserré les fesses pendant trois heures !!?
et dire qu'il a eu l'honnêteté de prendre des heures de cours (30, quand même !) avant de passer son permis, au lieu de l'acheter, comme tout le monde.
à mon avis, le moniteur d'auto-école devait pas l'avoir passé non plus, son permis...
bref.


mercredi 25 avril 2012

un bel échantillon de champions

ce bureau m'inquiète.
hier, 12 télés allumées sur 200 m2 pour regarder barça/chelsea (un histoire de coupe d'europe de football).
quasiment pas une dépêche validée en 90 min.
le barça perd, deuil national à l'afp montevideo.
aujourd'hui, deuxième demi-finale, real madrid/bayern de muchen.
plus une dépêche validée pendant 130 minutes (prolongations + tirs au but).
et surtout, allégresse générale quand le real se fait éliminer.
moralité: on évite de faire des blagues sur le barça au travail si on veut pas rentrer chez soi en slip...
j'avoue que ce sont là des considérations qui m'avaient jusqu'à présent échappées et surtout, qui ne figuraient pas dans mon contrat !
je demande une prime de risque pour le cas où un mauvais jeu de mot ou une accusation de dopage m'échapperait...

lundi 12 mars 2012

tongs neuves

cinq ans après, retour au pays.
bon, ok c'est prétentieux, je n'ai jamais été qu'un touriste, là-bas.
mais c'est quand même un peu l'impression que j'ai eu en atterrissant à rio, il y a 15 jours, à la veille du carnaval.
arrivé à minuit, le souffle coupé par la moiteur ambiante, incapable de prononcer le moindre mot en portos (cinq jours plus tard, à mon retour en uruguay, ce sera l'inverse avec l'espagnol), je trouve un taxi.
enfin, une fusée-taxi.
parce que déjà en temps normal, ils ne sont pas particulièrement lents, mais au milieu de la nuit, seuls sur les boulevards surélevées au dessus de la ville, le bonhomme, en surpoids notoire et vautré dans son siège, n'est pas passé sous les 100 km/h avant d'arriver devant la porte de l'immeuble.
trace de gomme, ça vous fera 70 reais, merci.
assis à l'arrière, quand je ne fixais pas d'un oeil inquiet les compteurs (kilométrique et taximétrique), je regardais défiler la ville, tentaculaire, nauséabonde (si, si, rio, ça pue, au-delà de la zona sul - celle des cartes postales mais qui ne représente qu'une infime partie de l'agglomération carioca).
l'aéroport international est situé sur une île dans une infâme lagune, la bahia de guanabara, dont l'entrée sur l'océan est somptueuse mais le fond un vaste cloaque pestilentiel.
le bassin d'arcachon, à côté, c'est une piscine pour bébés-nageurs.
ça pue, mais c'est beau, rio.
même la partie moche, elle est belle.
en tout cas, impressionnante.
en même temps, je suis tellement frustré d'une vraie grande ville, depuis que je vis ici, que tout ensemble urbain comprenant un boulevard périphérique, trois immeubles de plus de 20 étages et plus de 2 millions d'habitants me paraît impressionnant.
ooohh la... tout doux les ariégeois.
je ne dis pas que je préfère la ville à la campagne.
je dis que tant qu'à être en ville, autant que ça soit une vraie ville.
pas albi en plus grand et en moins beau.


mardi 24 janvier 2012

4e étape

bien étrange pays, décidément.
tout le monde se claque la bise (une seule), les costards-cravate comme les copines.
on trouve dans les magasins assez peu de variétés de produits (bon, c'est pas la roumanie en 1987 non plus), souvent d'une seule marque (un mur de tubes de dentifrice colgate ou un rayon inondé de produits laitiers conaprole - et pas un seul yahourt nature sans sucre).
fruits et légumes généralement importés et aussi chers et dégueu qu'à carrefour (pas encore trouvé d'amap ! ouarf)
les ingrédients exotiques, on oublie (curry, saté...), les fromages au lait cru, on oublie (mais comme partout), les charcuteries, on oublie (c'est la médecine du travail qui est contente), les sacs à glaçons on oublie (pénible pour faire les daïquiris), le sirop de sucre de canne, on oublie (pénible pour faire les ti-punch).
en revanche, la bière est vendue en bouteille de verre de 1 litre consignée.
il y a du gin beefeater et bombay saphire en grande surface (les gin tonic dosés spécial rugbyman hémisphère sud sont à 4 euros au bar) et ils font du vin pas dégueulasse (cépage tannat, comme dans le madiran).
les citrons sont verts (pratique pour les caïpirinhas).
et la viande rouge coûte que dalle (mais ils ne connaissent pas la côte de boeuf et comme toutes les découpes sont différentes de par chez nous, je nage encore un peu dans l'offre pléthorique).


lundi 2 janvier 2012

macché priorité à droite ?

bon, c'est bien joli, les voyages, les motos, tout ça.
mais j'ai aussi une vie, bordel !
aujourd'hui, donc, montevideo, ma vie, mon oeuvre, mon cul (1).

résumé des épisodes précédents:
après un an au bureau de l'afp à lyon (et après de nombreuses candidatures infructueuses au bureau régional de montevideo - capitale méconnue d'un pays méconnu, coincé entre l'argentine, le brésil et l'océan atlantique, l'uruguay, qui a eu l'heure des gros titres de la presse français il y a une quinzaine d'années lorsque vint s'y planquer l'ancien maire de corrompu de nice jacques médecin), je suis finalement parvenu à me faire nommer sur l'un des deux derniers postes de journalistes francophones que cette grande et glorieuse agence de presse internationale maintient en amérique latine (le second poste étant situé à ma droite, à environ 1m20).

à la maison:
fin septembre, me voilà donc installé dans un trois-pièces de 60/70 de m2 plus terrasse, orienté nord (soleil, donc), au 10e et dernier étage (on appelle ça un "pentrouse", ici (avé l'accent)) d'un immeuble des années 70 du quartier de pocitos (aisé sans etre chic), à trois quadras de la rambla, avec vue dégagée sur la ville et la mer (à droite).
j'arrive en début de printemps, mais il fait un temps dégueulasse.
vent (polaire, le vent, et plus tu es haut et près de la mer, plus il te dégage les écoutilles), pluie, grisaille (j'apprendrai au fil des semaines que la météo ici est souvent exécrable).
la météo est pourrie mais les appart sont conçus comme si on était à rio: pas isolés, simple vitrage sur châssis alu branlants (je me demandais pourquoi il y avait des bouts de cartons pliés dans toutes les fenêtres. j'ai compris: c'est pour les empêcher de faire du raffut quand souffle le vent de la pampa antarctique), rarement du chauffage ou alors électrique (et le kWh est deux fois plus cher qu'en france - je me prends à regretter le nucléaire).
en cherchant bien, je suis toutefois parvenu à trouver un logement équipé d'un chauffage central au gaz (reste à savoir si la chaudière ne va pas me péter à la gueule aux premiers frimas) mais l'eau chaude reste électrique (petit ballon de 30 litres, on apprend la sobriété).
quelques petits soucis avec la proprio (sale race, les proprios, sous toutes les latitudes - excepté quelques rares honnêtes gens - si vous voyez ce que je veux dire...), mais les choses se sont mises en place et me voici donc à peu près installé, avec exactement les mêmes meubles et la même déco qu'en france: rigolo.
au quotidien, une fois que tu es habitué à l'absence de va-et-vient, à l'impossibilté de trouver des ampoules à baïonnette, aux ascenseurs pour résidents et aux ascenseurs de service ainsi qu'à l'odeur de gaz dans l'air (ça fuit de partout), tout roule.

au travail:
fini les joies des horaires décalés, pour la première fois depuis le début de ma vie professionnelle, j'ai (généralement) des horaires de bureau, type 10h00/18h00.
deux francophones immergés dans une rédaction d'hispano (beaucoup d'espagnols, qui parlent bien mieux le français que nous l'espingouin), dont la tache principale est de traduire en français ce qui est susceptible d'intéresser les clients francophones de l'afp.
en clair: huit heures par jour le cul sur une chaise derrière mon écran.
mais au moins, fini les joggueuses-dépecées-dans-les-
sous-bois qui font peur à la france, les petites phrases de politiques en campagne, les synthèses-bouchons-sur-l'autoroute-du-soleil, les alertes-météo-sur-12-départements-du-sud-ouest et les copier-coller de communiqués de la préfecture ou du parquet.
ça fait des vacances et ne viens plus au travail à reculons.
d'autant que les chefs ici étant hispano et les chefs de chefs à paris se tamponnant généreusement le coquillard de ce qui se passe dans la région, on nous fout une paix royale et on traite ce qu'on veut.
un peu comme si j'étais payé pour lire wikipédia toute la journée.
y'a plus dégueu.

l'équipe en général comprend une cinquantaine de personnes, tous hispano sauf 7 français (cinq chefs et nous) et supervise la production du mexique à la terre de feu.
une certaine solidarité lie assez rapidement les exilés de toute sorte (expatriés, locaux, régionaux, cdd, cdi...) et tout se passe dans une franche camaraderie (sur le plan humain. sur le plan professionnel, j'ai envie de les étrangler trois fois par jour tellement ils sont pas rigoureux).
buveurs avides de maté (la rédaction, comme les rues, les bus, les supermachés...) est envahie de thermos et de petites tasses (mate) remplies d'herbe (yerba) desquelles émerge une paille métallique (bombilla), il leur manque toutefois la tradition de l'apéro-boulot du vendredi soir.
mais je me sens une âme de missionnaire...

dans la vie:
vie sociale forcément limitée (si j'avais peu d'amis à lyon, je n'en ai carrément pas ici), mais comme on est nombreux dans le même cas, on se serre les coudes et on sort pas mal entre collègues du vieux continent.
l'inconvénient, c'est qu'ils parlent tous bien français.
rencontrer des locaux, c'est pas évident.
d'abord parce que travaillant dans un bureau et ne jouant pas au foot, j'ai peu l'occasion d'en croiser, ensuite parce qu'ils ne sont pas d'une expansivité (?) délirante, les indigènes...
courtois mais pas saute-au-paf.
et comme moi non plus...

dans la ville:
la ville de montevideo se caractérise par une architecture assez dégueu - efficace, disons, et quasiment aucun vestiges coloniaux - et un centre-ville assez peu fréquenté le soir, hormis quelques bars et boites.
les lieux de sorties sont très dispersés, ce qui contraint à prendre des taxis ou rouler bourré à moto, et de ce fait quasiment impossibles à découvrir si on n'est pas guidé.
pour nous autres européens, ça manque clairement d'un quartier genre "ici on boit, on mange, on danse".
autre spécialité locale: les bars se remplissent à partir de 02h00 du matin.
avant, la ville est déserte.
c'est pas non plus que ça grouille après, ne nous affolons pas...
parce que oui, même si c'est une capitale de 1,5 millions d'habitants, on se demande souvent où ils sont.
c'est calme.
c'est très calme.
mais c'est aussi une ville où je n'ai pas vu une seule grosse bagnole genre porsche cayenne, où les riches ne sont pas (tous) barricadés derrière des murs hérissés de barbelés électrifiés et où on peut se balader la nuit sans crainte.
pas non plus de rue dédiée aux boutiques de luxe (juste quelques échoppes dans les shopping - centres commerciaux dont ils raffolent, imités des modèles américains) - pour ça, il faut aller à punta del este, et des supermachés très mal achalandés.
consommateurs compulsifs, z'êtes gourrés de trottoir !
pourtant, c'est relativement riche, en tout cas cher (et là, pas relativement).
la preuve qu'ils sont riches ?
ils ont des chiens.
des tas de chiens !
et les gars qui font les poubelles ont des carrioles tirées par des chevaux (au brésil, ils les tiraient à la main).
bourgeois !
c'est enfin une ville du bout du monde, qui ne figure sur aucune carte aérienne ou presque, et de laquelle il est très difficile - et très cher - de sortir une fois que vous êtes tombés dedans.
en gros, c'est une ville dont on adore se plaindre, mais qui a un charme certain quand les beaux jours arrivent (enfin).
si seulement ils pouvaient avoir l'idée d'ouvrir des bars sur la plage !

voilà.
plus de détails dans une prochaine livraison, mais ça fera pour un premier aperçu, nan ?
allez, meilleurs voeux et bises à tous !
hugo

ps: semblerait que certains serveurs me virent direct en spam (yahoo notamment, mais pas que: si vous avez un utilisateur de ces adresses sous la main, dites z'y donc !)

(1) ma vie, mon oeuvre, mon cul, siné, aux éditions casterman

vendredi 16 décembre 2011

c'est le pérou

le pérou. lima.
bordel, c’est grand, c’te ville !
et y’a tout plein de gens avec des tronches, des vraies tronches.
des Indiens (à poncho, pas à plumes), des métis, des Blancs, des marrons plus ou moins cuivrés, des grands, des petits, des filles sexy ou pas et des gars laqués.
une mégaville.
qui trépigne, qui klaxonne, qui stridule (uniquement chez les riches, chez les pauvres, les criquets, ils les bouffent), qui enfle (9 millions d’habitants, un tiers de la population quasiment), qui grouille parfois (les trottoirs envahis de vendeurs ambulants de bonbons, piles, plumeaux, journaux, empanadas, de passants, de cambistes en gilets bleus, de serveurs en livrée coiffés comme evo morales qui guettent le client).
du monde, de la couleur, de la misère (bien faite), du luxe, de la diversité, des fils électriques qui pendent partout, des minibus ravagés et bondés , des surfeurs, de la grosse bagnole et du rickshaw, de la gastronomie, de l’architecture coloniale et des immeubles de verre face à l’océan.
étouffant et libérateur à la fois. C’est parfois le calme, le silence et l’homogénéité, qui angoissent (si vous voyez ce que je veux dire… ah non, nous ne voyez pas, je n’ai pas encore envoyé de message sur montevideo ! ok, c’est le prochain, avec l’argentine).
pour situer le bazar, Lima est perchée sur une falaise (un peu friable, j’ai trouvé) au-dessus du pacifique (frais à cause du courant de humboldt mais aussi très poissonneux, au cause du même), cernée de montagnes arides, marron, poussiéreuses, sergio-leonesques, sur les flancs desquelles s’étendent à peu les bidon-villes (ciudad joven), parfois peints de couleurs très flashy (ça fait de très belles photos pour le touriste muni d’un bon zoom : on va quand même pas aller sur place !)
la ville où il ne pleut jamais, dit-on (mais où l’hiver, tu as les pieds sur le trottoir et la tête dans les nuages pendant 5 mois).

après deux jours chez le copain de l’afp qui m’hébergeait à Lima, départ pour cuzco, le dimanche, cité impériale inca et départ de la ligne de chemin de fer qui mène au machu picchu.
survol des andes enneigées, arrivée à l'aérogare de brive un soir de novembre (mais en plus froid, on est à 3.300 m).
incroyable qu'un endroit qui accueille autant de touristes soit encore aussi artisanal. mais tant mieux.
à peine descendu d'avion, la retape commence (et ça ne s'arrêtera pas jusqu'au retour): taxi ? hôtel ? guide ? circuit touristique ? artisanat ? massages (visiblement, c'est aussi une des spécialités locales)...?
un peu oppressant et plus on se rapproche du machu, plus on est sollicité.
coincée dans une vallée, tout en longueur.
la ville historique est en haut (je suis nul en points cardinaux). de l'église catholique en veux-tu en voilà, posée sur les fondations de constructions incas (très sympa, aussi, l'histoire de la colonisation espagnole du pérou... je ne sais pas si y'en a beaucoup qui ont atteint le degré de saloperie des espagnols au XVIe siècle), qui se remplissent toutes à 19h00 (les vêpres ? je suis nul en messes), mais qui se remplissent d'indiens (oui, il en reste un bon peu, genre 40% de la population du pays, les espagnols n'ont pas réussi à tous les faire crever aux mines ou de la variole). et des indiens, des vrais, comme à la télé: les jupes, les chapeaux, les ponchos multicolores...
dès qu'on sort un peu des quelques rues hyper touristiques, on est chez eux. partout des femmes (et des enfants, superbes, avec les gestes sûrs de qui travaille depuis longtemps déjà) qui vendent à même le sol des herbes bizarres, des mousses, des piments (aji ou rocoto), des oignons, des tomates, des patates (un pays qui a inventé la patate et en cultive encore des centaines de variétés ne peut-être que cher à mon cœur).
dans une ruelle, un marché. de chaque côté, des échoppes. une odeur insoutenable (conjuguée aux vertiges dus à l'altitude): la viande posée sur des étals en plein air. noire, la viande. entrs les pavés, des filets de sang. ça vous soigne du steak tartare pour un moment. en plus, ils ont même pas de câpres.
mangé un bout dans une gargote infâme. je suis sûr qu'ils m'ont servi le poulet violacé qui prenait l'air ventre ouvert dans la ruelle d'à côté. en plus, le gosse commence par me servir un bol de bouillon (caldo) qui doit mijoter depuis l'ère précolombienne. je vais me retrouver avec une griffe de poule entre les chicots et la turista en prime.
mais même pas mort.
le lendemain, balade en ville, balade sur les hauteurs (on bout de dix pas, essoufflé - les marlboro doivent pas aider à combattre le soroche (le mal des montagnes)). arrivé au sommet d'une montagne qui domine la ville, au pied d'une sorte de christ façon rio (taille réduite), atahualpa yupanqui (les anciens élèves de mme boix se reconnaitront) me chope pour me chanter la sérénade avec sa petite guitare à 18 cordes (bandera ?). il a eu la bonté de m'épargner el condor pasa. il a gagné ses cinq soles (la monnaie locale).
le lendemain, réveil à 6h00 pour aller prendre le train pour machu picchu. sauf que le train, il part de poroy, pas de cuzco. et il arrive à aguas calientes, pas au machu. moralité, taxi et re-taxi. mais taxi en zone touristique, pas taxi au centre de lima (tiens, ils ont pas de compteurs à lima, le prix de la course se négocie avant de monter). les salopiots savent rentabiliser la manne étrangère...
trois heures de train brinquebelant au fond d'un canyon, sommets magnifiques, traversée de petits villages perdus tout en adobe (non, pas photoshop, les briques en terre crue et paille), coupés du monde. Ou plutôt, un monde à part. c’est quoi, l’avenir (et même le présent), quand on a 20 ans, dans ces coins ?
et arrivée à aguas calientes.
aguas calientes ? une sorte de station de ski des alpes, ou lourdes, matinée de montmarte et de quartier latin: l'enfer touristique. dernière étape avant le graal. pas un pas de porte qui ne soit un commerce. je les soupçonne même de vendre des ponchos péruviens made in china... mais étape obligée si on ne veut pas monter au machu picchu avec la horde descendue du train. avant de me réveiller à 4H30 du matin pour commencer l'ascension à pied à 5H00 et être sur zone à l'ouverture, j'ai mis à profit mon après-midi pour aller arpenter la compagne environnante.
2.000 m (au fond de la vallée), les montagnes couvertes de forêt tropicale. marché deux-trois heures le long d'un torrent monstrueux et d'une voie de chemin de fer.
personne. et de loin en loin, un indien ou trois, en train de porter des sacs de sable. perdus dans la jungle.  ils ont paumé un pari ? des intellos maoïstes en cours de reconversion ? que nenni: ils extraient le sable du lit du torrent et le ramène vers la gare. pourquoi il n'y a pas de wagons pour leur éviter de marcher une heure avec 40 kilos sur le dos (puisqu'il y a des rails) ? on ne saura pas. en tout cas, entre ça et le travail infantile, ils ont beau afficher 7% de croissance, ils ont pas le cul sorti des ronces, quand même (ce qui ne les empêchent pas d'avoir des boutiques de portables à tous les coins de rue et le wifi dans tous les hôtels).
bon, c'est pas le tout, mais demain, y'a carte postale.
(ah, au fait, une précision: on nous fait des tartines avec les incas, mais d'abord, c'est pas si vieux que ça (genre 1200/1500 après Jean-Claude) et nous, à leur âge, on avait la roue, le fer, l’écriture et la clé de voûte depuis belle lurette. alors camembert, les z'incas).
mercredi 21.
réveil aux z’horreurs.
petit déj à 5H00, départ pour el machu picchu à 05h15.
une demi-heure de marche puis une heure d’escaliers, tout droit, 400 m de dénivelé. Deux flacons de ventoline plus tard, me voilà l’entrée. J’entre. Je marche les yeux au sol, envie de voir, mais en même temps, envie d’attendre d’être vraiment dans le bordel pour en prendre plein la vue du premier coup.
ça le fait presque : on arrive par la partie haute du site, mais pas exactement complètement au-dessus. Pour ça, il faut marcher encore. Je marche. Jusqu’à la porte du soleil (une heure au-dessus du machu, petites ruines, normalement, si tu te places là, non, ouais, voilà, et que tu regardes par là, voilà, ben tu vois le soleil se lever dans l’axe de mes genoux. Nan ? ah. Bon, en fait, le soleil est levé depuis longtemps et en plus il y a des nuages. Mais quand ils se lèvent à leur tour, wouah !!! Là, oui. Une vue générale sur les ruines, mais surtout, sur les sommets autour. Parce que le plus impressionnant, c’est la localisation de la cité : plantée sur un piton rocheux, cernée de terrasses, piton lui-même entouré de sommets impressionnants. 3.000 m et plus, couverts de végétation tropicale.
c’est bon, j’ai ma carte postale.
pique-nique, un p’tit coup de fil à qui il faut (oui, les incas, réputés pour leurs infrastructures, avaient installé un relais téléphone – il ne leur manquait plus que l’électricité…) et redescente dans la cité proprement dite. Touristique, of course, mais à la rigueur, c’est presque joli, tous ces ponchos en plastique multicolores (il pleut, il pleut plus, il pleut…) qui déambulent sur les terrasses grises.
chacun peut s’émerveiller de ce qu’il veut (l’aspect mystique, géographique, religieux, architectural, urbanistique…), pour ma part, c’est la précision de l’agencement des pierres grandes pour certaines comme un homme et qui s’emboitent parfaitement (et sans mortier, juju, sans mortier !) alors qu’ils n’avaient aucun outil pour les tailler et les déplacer. Mais ils avaient des exonérations de charges sociales sur la main d’œuvre...
rentré à montevideo le 24 dans la nuit. personne dans l'avion. j'ai eu deux deux plateaux repas. joyeux noel !
hasta pronto !

Photos Pérou 





mercredi 2 novembre 2011

le pays où les mc Do sont encore en rouge



LIBERATION 25/10/2011
L'enquête sur le décès en juillet de la chanteuse britannique Amy Winehouse a conclu mercredi à une «mort accidentelle», confirmant l'hypothèse d'un «stop and go», une absorption massive d'alcool après une période d'abstinence.


comme quoi, c'est dangereux d'arrêter...

                                                              +++

un vendredi matin.
temps ensoleillé, vent modéré de force 2 à 3 mollissant force 1.
ni une ni deux, j'enfourche mon cheval de fer pour effectuer mon premier trajet sérieux en bécane: casa/trabajo.
je descends donc au garage, grimpe sur la bête - rutilante -, mets le contact, le starter, relève la béquille latérale (très piégeux, la béquille latérale quand t'y connais peau de balle en deux-roues motorisés. surtout dans les virages à gauche) et lance le bourrin.
au kick, parce que je me sentais en forme.
puis demi-tour et direction la sortie du garage.
je cale.
je redémarre.
je monte la rampe, me retrouve sur le trottoir.
le vendeur m'avait prévenu: elle est capricieuse quand elle est froide.
effectivement: je recale.
le portero (concierge), hugo lui aussi, nettoie le pas de porte devant notre immeuble.
il me salue, moi pareil et je relance le monstre.
enfin, j'essaie.
parce que j'ai beau titiller le starter et balancer des grands coups de démarreur (électrique, marre du kick), bernique, peau de zob, veut rien savoir.
comme un con, je suis, et je vois qu'il se fout de ma gueule, l'autre zaouve, avec son balai brosse.
je commence à m'agacer, vais être en retard au taf, je fais quoi, je la pousse dans le garage et toute honte bue, cours attraper un bus ?
merde.
j'ai ma fierté quand même.
ça m'enquiquine de renoncer devant l'autre zig.
alors je retente ma chance.
et paf, breuh, bling, touf touf !!!
ok, c'est lancé.
je lâche plus l'accélérateur, monte à 17.000 tours (et demi), enclenche la première, fais un bras d'honneur au portero (mental, le bras d'honneur, d'abord parce qu'il est bien sympathique, quand même, et qu'il a peut-être des amis plus baraqués que lui, ensuite parce que si je lâche l'accélérateur, je cale) et démarre sur la roue arrière, laissant une longue trace de gomme chinoise (ça fond vite) dans mon sillage (si, si, vous verrez quand vous viendrez).
puis disparais comme une flèche au coin de ma rue.
mais les flèches, ça finit par retomber.
et je cale.
comme ça, pour rien, lancé à fond de 3e, à 40 à l'heure, au milieu d'une ligne droite.
je me gare le long du trottoir, derrière un bac à ordures.
honteux.
j'envisage d'y balancer cette merde de putain de moto chinoise de mes deux.
me penche quand même sur le starter pour tenter de redémarrer.
que faire d'autre ?
et oh, miracle, de quoi m'apercevoisé-je ?
que j'avais pas ouvert l'essence.
forcément, ça marche moins bien.
donc, à l'attention des riders en herbe:
1/ la béquille latérale.
2/ l'essence.

ensuite, le trajet n'est que douceur et félicité, les alizés me fouettant le visage sur le front de mer, un vrai délice.
enfin, une fois que je l'ai rejoint, le front de mer.
parce que je me suis paumé, avant.
mais peut-on appeler ça se paumer ?
non.
j'ai flâné et pris mes marques dans ce quartier inconnu.
important de sortir des quatres rues autour de chez soi.

bon, le front de mort, donc.
5e, 80 km/h, soleil, tout va bien.
puis un ralentissement.
et des gars en uniforme au bord de la rambla.
et un des gars en uniforme au bord de la rambla me pointe du doigt quand je passe à sa portée et me fait signe de m'aligner le long du trottoir (encore ?).
ah, la police de la route porte donc des uniformes comme ça.
ok, c'est bon à savoir.
j'hésite une seconde à faire l'imébcile, et continuer ma route genre "je suis français je ne parle pas votre langue, j'ai pas compris ce que vous attendiez de moi", mais bon, le geste du bras et de l'index étaient assez explicites, même pour quelqu'un qui parle pas la langue.
- "bonjour, papiers d'identité, permis de conduire et carte grise".
- "mais oui, bonjour, bonjour, quel plaisir de faire enfin connaissance avec vos services, j'étais impatient, si, si. alors, justement, c'est marrant que vous abordiez le sujet, parce que je ne suis pas uruguayen, je n'ai pas de carte de résidence, j'ai toujours mon permis français, je n'ai pas de permis moto, la carte gise est au nom de l'ancien propriétaire et ça tombe bien que vous ne me demandiez pas l'assurance, parce que je n'en ai pas encore".
- "ah oui, il faut que vous alliez à l'intendencia pour faire les démarches admnistratives, bonne journée, au revoir".
vraouuuuuum !!!!!

à bientôt !
hugo.